CARTE. Colère des agriculteurs : l'A20 bloquée, opération sur la RN145, les manifestations en Haute-Vienne et en Creuse

Les agriculteurs Haut-Viennois, à l'appel de la coordination 87, manifestent ce mardi 23 janvier au rond-point de la Croisière, à la jonction de l'A20 et de la RN145. Ce mercredi, la mobilisation s'annonce également soutenue en Creuse avec la convergence annoncée des tracteurs vers la préfecture. On fait le point.

Le blocage de l'A20 est effectif depuis le milieu de journée ce mardi 23 janvier. À l'image de leurs homologues de la région toulousaine et d'Aquitaine, les agriculteurs de Haute-Vienne ont, eux aussi, investi l'axe routier structurant du territoire.

À lire aussi : EN IMAGES. Colère des agriculteurs : une nuit de mobilisation commence sur l'autoroute A20, le point sur les perturbations mardi soir et mercredi

Une cinquantaine de tracteurs étaient attendus pour bloquer l'autoroute à hauteur du carrefour stratégique de la Croisière, sur la commune de Saint-Maurice-la-Souterraine. Ils répondent à l'appel de la coordination rurale 87, syndicat majoritaire dans le département.

Dans son communiqué, l'organisation appelle à s'équiper de couverture pour passer la nuit sur place. Le blocage pourrait donc durer. "L'idée, c'est de rester autant qu'il faudra" confie Thomas Hégarty, président de la coordination rurale 87. 

Effectivement, les équipes se relaient sur place ce mardi soir afin de maintenir l'action dans la durée.

L'A89 bloquée en Dordogne, à proximité de la Corrèze 

À l'ouest de Brive, mais en Aquitaine, un point de blocage est indiqué mardi matin à l'entrée de l'autoroute A89 à La Bachellerie. 

Blocage mercredi en Creuse et probablement jeudi en Corrèze

En Creuse aussi, ça va chauffer ce mercredi 24 janvier. L'appel à manifester indique des points de rassemblement dans tout le département avant une convergence des tracteurs vers Guéret et la préfecture. Le rendez-vous est fixé à 13h avant une opération escargot sur la RN145 et le regroupement place Bonnyaud à Guéret. 80 à 100 tracteurs sont attendus, ce qui en fera une des plus grosses mobilisations de ces dernières années. Là aussi, elle pourrait durer, en fonction du déroulement de la journée. Le dispositif pourrait être amené à évoluer suite à un accident mortel sur un blocage dans l'Ariège.   

En Corrèze, la mobilisation pourrait être actée pour ce jeudi 25 janvier.

Comme dans le reste de la France, le mécontentement se concentre sur le green deal européen de la PAC 2023. Le renforcement des normes pour aller vers une agriculture plus vertueuse est mis en cause. "C'est le signe de la "déproduction" agricole. On ne veut plus produire chez nous, on va importer des productions moins vertueuses qui viennent d'ailleurs. On n'est pas des guignols, on sait produire dans de bonnes conditions. Il faut nous foutre la paix maintenant" s'agace Thomas Hégarty, président de la CR87. 

À ce contexte, dénoncé depuis longtemps par les principaux syndicats agricoles, sont venus s'ajouter en début d'année : la fin de l'avantage fiscal sur le GNR (le gasoil non routier qu'utilisent les agriculteurs), le retard de paiement des aides PAC et les erreurs de calculs des éco-régimes. La PAC 2023, prévoit d'accorder des aides supplémentaires pour les exploitations qui font des efforts en matière d'environnement (celles qui ont passé le label Haute valeur environnementale, HVE par exemple). Le problème, c'est que le nombre d'exploitations éligibles a été plus important que prévu. Plus nombreux à se partager le même gâteau, les agriculteurs ont donc vu les enveloppes diminuer. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase.