Témoignage. "On peut être les meilleurs bouchers du monde, si on ne sait pas gérer, ça ne marche pas" : la difficile reprise des petits commerces

Publié le Écrit par Alexandra Filliot et Marine Guigné

Se faire accompagner lorsque l'on reprend une boucherie, c'est un véritable atout. Rencontre avec un jeune artisan qui a repris le commerce de son ancien patron à Limoges (Haute-Vienne). Une histoire de partage d'expérience qui a permis le succès.

À 32 ans, Guilhem Vachala emploie trois salariés et deux apprentis. Ce jeune entrepreneur est à la tête de cette boucherie depuis six ans. Il a commencé en tant que stagiaire, lors de son année de bac professionnel, au lycée hôtelier Jean Monnet de Limoges.

On ne nous apprend pas beaucoup à être gestionnaire. Et en fait, on peut être les meilleurs bouchers du monde, si on ne sait pas gérer, ça ne marche pas. Aujourd'hui, cette force que j'ai eue, c'est que mon ancien patron m'a appris à gérer le personnel et à gérer les achats...

Guilhem Vachala

Patron d'une boucherie

Il devient salarié, puis accepte de s’associer avec son patron d’alors, Eric Boutaud, puis achète ce fonds de commerce en 2018. Un parcours qu'il n'avait pas imaginé. L'enthousiasme et la bienveillance de son patron, qui souhaitait passer le relais, ont été déterminants. "Je fais la société avec ces jeunes. Je les accompagne tout en faisant l'administratif et quand ils sont prêts, ce sont eux qui me le disent et qui récupèrent la boucherie à leur nom."

À Saint-Junien, toujours en Haute-Vienne, Eric Boutaud accompagne également un jeune boucher et une fromagère, comme il a lui-même été aidé par ses aînés, à ses débuts.

Disposer d’une trésorerie suffisante, pour reprendre une boucherie charcuterie demeure le principal obstacle à l’installation, beaucoup hésitent. C'est le cas de Thomas Montardier
Apprenti en 1ʳᵉ année de BP boucherie : "Si un jour, je le fais, je me dis qu'il faut peut-être que je travaille d'abord, peut-être une dizaine d'années, voire une vingtaine pour être sûr et peut-être qu'après, je pourrai me lancer avec l'expérience que j'ai."

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TÉMOIGNAGE. "On peut être les meilleurs bouchers du monde, si on ne sait pas gérer, ça ne marche pas" : la difficile reprise des petits commerces ©Marine Guigné, Rémi Carton - France 3 Limousin

Et comme le partage de savoir est communicatif, son jeune patron, comme Eric Boutaud, avant lui, entend bien, un jour aussi, transmettre et accompagner les plus jeunes dans leur projet de reprise. 

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