Pyrénées-Atlantiques : le procès en appel de Kévin Rouxel et Sofiya Bodnarchuk, accusés d'un double parricide, s'ouvre lundi 3 octobre

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Écrit par Elio Bono avec AFP

Les deux personnes, accusées d'avoir tué les parents de Kévin Rouxel en février 2016, ont été condamnées en 2020 à trente et vingt ans de réclusion criminelle.

Pour la sixième fois, Kévin Rouxel et son ex-compagne Sofiya Bodnarchuk se retrouvent devant une cour d'assises. Leur procès en appel s'est ouvert lundi 3 octobre, pour un double parricide qui remonte au 20 février 2016, dans le petit village basque de La Bastide-Clairence, au Pays basque.

La famille Rouxel est alors réunie pour un repas d'anniversaire. Avec la complicité de sa compagne de l'époque, une Kazakhe rencontrée sur internet, Kévin Rouxel est accusé d'avoir tué ses parents à coups de revolver.

L'homme alors âgé de 24 ans, qui a reconnu les faits, avait expliqué vouloir récupérer un "pactole" estimé à 1,5 million d'euros, "voire deux millions si on se débrouillait bien". Une somme que ses parents comptaient léguer à son frère aîné Yann, présent lors du double meurtre.

Quatre ans plus tard, en novembre 2020, Kévin Rouxel et sa femme, accusée de complicité, ont été condamnés à trente et vingt ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques. Ils comparaissaient alors pour la quatrième fois. Un premier procès émaillé d'incidents - un malaise de Sofiya Bodnarchuk en plein interrogatoire et une tentative de suicide de Kévin Rouxel - avait avorté fin 2018.

"Un procès maudit"

Le second, en mai 2019, fut aussi renvoyé en l'absence de l'accusé, alors hospitalisé. Le troisième, en mars 2020, a été interrompu par l'épidémie de Covid-19. Il a fallu attendre la quatrième tentative, huit mois plus tard, pour parvenir à un verdict.

Face à ces multiples rebondissements, les parties civiles parlent d'un "procès maudit". En janvier dernier encore, à l'ouverture d'une première audience d'appel à Mont-de-Marsan, l'accusé affirmait avoir une autre identité et s'appeler Mickaël Rouxel, mystérieux frère jumeau de Kévin qui, lui, se serait "suicidé en détention en 2019". Il refusait ainsi de comparaitre et l'affaire avait été une nouvelle fois renvoyée.

La personnalité du principal accusé fait encore planer le doute sur la possibilité de tenir un procès la semaine prochaine devant la cour d'assises d'appel des Landes. 

Je pense que le président aura pris ses dispositions pour que l'attitude de Kévin n'empêche pas que le dossier soit retenu. Cela fait six ans et sept mois aujourd'hui que le drame a eu lieu, c'est humainement insupportable.

Me François Froget, avocat de Yann Rouxel

à l'AFP

La co-accusée nie son implication

Avec Sofiya Bodnarchuk, Kévin Rouxel avait acheté du matériel - alcool à brûler, acide chlorhydrique - pour faire brûler la maison en emportant les biens de valeur. Une "check-list" écrite de sa main avait été retrouvée.

S'il avait d'abord assuré avoir agi seul, Kévin Rouxel avait fini par accuser sa compagne de complicité. Le couple s'était fissuré en pleine audience en 2018. L'intéressée a toujours nié son implication, dans la préparation comme dans la réalisation des faits. Sa défense, assurée par Mes Martial et Mouly, "repart avec l'intention de plaider une nouvelle fois son innocence".

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