Airbus : un ancien dirigeant mis en examen dans le cadre des soupçons de financement libyen

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Écrit par Aurore Briffod avec AFP

Mi-mars, Édouard Ullmo a été mis en examen, notamment pour « corruption active d’agent public étranger » dans l’enquête concernant les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

"Complicité de corruption active", "corruption active d’agent public étranger", "association de malfaiteurs", "blanchiment de corruption active et passive" et "corruption active et passive d’agent public étranger en bande organisée". La liste des chefs d’accusation concernant un ancien cadre d’Airbus est longue.

Édouard Ullmo a été mis en examen mi-mars dans le cadre de l’information judiciaire visant les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. D’après des informations dévoilées par Médiapart, les soupçons de la juge d’instruction portent sur la vente de douze avions Airbus au régime de Mouammar Kadhafi en 2006. Il est soupçonné d'avoir ordonné un virement de 2 millions d'euros, trois semaines après la conclusion de ce contrat, sur un compte à Singapour appartenant à l'intermédiaire Alexandre Djouhri, également mis en examen dans ce dossier.

Airbus "coopère" avec les autorités judiciaires

L’avocate d’Édouard Ullmo estime que sa mise en examen "ne repose sur aucun fondement sérieux" et compte "sur l’instruction pour l’établir". Me Charlotte Plantin a ajouté : "Édouard Ullmo n'a pas compris les accusations dont il était l'objet, il ne les comprend toujours pas à la lecture de la procédure".

Du côté du constructeur aéronautique, un porte-parole du groupe n’a pas souhaité donner plus de détails : "Airbus coopère actuellement avec les autorités dans le cadre d'une enquête judiciaire française relative à la Libye. A ce titre, la société a répondu positivement aux demandes d'information des autorités."

Pour rappel, depuis 2013, des juges enquêtent sur des accusations de financement libyen de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007, formulées par l'intermédiaire libanais Ziad Takieddine et d'anciens dignitaires libyens. L'ancien président de la République a toujours contesté tout financement de ce type.