Ariège : un berger évite la charge d'un ours dans les Pyrénées, les éleveurs "démunis"

Un berger aurait été visé par la charge d'un ours vendredi 21 août sur l’estive d’Ourdouas, près de Sentein en Ariège. Bruno Saurat, président du groupement pastoral d’Ourdouas, assure constater "une aggravation de la situation" et demande aux autorités compétentes d’agir.
 

Estive d'Ourdouas (commune de Sentein)
Estive d'Ourdouas (commune de Sentein) © Préfecture de l'Ariège
Dans un communiqué du groupement pastoral d’Ourdouas, son président Bruno Saurat affirme qu’un berger aurait été chargé par un ours, vendredi 21 août dernier au petit matin, sur l'estive d'Ourdouas près de Sentein dans le département de l'Ariège. Nous n'avons pour l'heure pas réussi à joindre le berger.

Un cri pour éloigner l'ours, en vain

D'après Bruno Saurat, il est 5h45 lorsqu’Etienne Moyenin, berger sur l’estive d’Ourdouas, aperçoit dans la lumière d'un projecteur une ourse accompagnée d’un ourson en sortant de sa cabane d’appoint. Le berger pousse alors un cri pour faire fuir le plantigrade qui se met à charger, dévalant le chemin d’accès à la couche du pic de l’Har. Accolé à sa cabane, il a le temps de se réfugier. 

Depuis 10 ans sur l’estive d’Ourdouas, nous avons fait constater les brebis prédatées par centaines, plusieurs bovins. Nous avons perdu également plusieurs chiens de protection. Aujourd’hui, nous avons failli perdre un berger et ne constatons qu’une aggravation de la situation.

Communiqué de presse de Bruno Saurat, Eleveur sur la commune de Bonac Irazein et Président du Groupement Pastoral d’Ourdouas

"C’est la première fois que ça arrive"

Bruno Saurat, éleveur sur la commune voisine de Bonac Irazein et président du groupement pastoral d’Ourdouas, veut interpeller les autorités en médiatisant cette histoire. "C’est la première fois que ça arrive et ça arrivera surement d’autres fois, assure-t-il. On met en estive un troupeau de proie et le berger est en première ligne. En tant qu’employeurs, on est démunis par tous ces risques. Si un accident arrive avec mon berger, ce que je ne souhaite absolument pas, je suis responsable vis-à-vis de la famille du salarié."

Selon lui, la situation s’aggrave et les risques pour les bergers sont de plus en plus nombreux face à l’ours. Il réclame à l’Etat "d’évaluer et de régler la question des risques réels du métier de berger induits par la présence de prédateurs, notamment en situation de travail de nuit et d’effarouchement niveau 1 et 2."

La préfète de l'Ariège s'est rendue sur place ce mardi pour rencontrer l'éleveur et le berger.  Dans un communiqué la préfecture indique qu'une "équipe spécialisée de l'OFB est présente sur place afin de procéder à l’effarouchement renforcé au cours des deux prochains jours sur l’estive d'Ourdouas".
  Le 13 juin dernier, le gouvernement a de nouveau autorisé, contre l’avis des associations environnementales, les mesures d’effarouchement pour faire fuir les plantigrades, et ce jusqu’au 1er novembre 2020. Selon le bilan 2019 publié par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), 349 attaques d’ours sur des cheptels domestiques ont été enregistrées dans les Pyrénées françaises, dont 287 rien que pour le département de l’Ariège.
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