Ariège : relaxe générale pour 21 militants poursuivis pour la destruction de bidons de désherbant

Mardi 1er juin, le tribunal judiciaire de Foix a prononcé la relaxe générale pour les 21 faucheurs volontaires accusés d'avoir, à deux reprises, dégradé des bidons de désherbants dans trois magasins spécialisés, en 2016 et 2017. Ils étaient jugés pour destruction de biens d’autrui en réunion.

Les faucheurs volontaires de l'Ariège répondront de leurs actes devant la justice. 2017
Les faucheurs volontaires de l'Ariège répondront de leurs actes devant la justice. 2017 © France 3

Les faits remontent à 2016 et 2017. Des militants anti-glyphosate font irruption dans trois jardineries d'Occitanie et, à visage découvert, dégradent des bidons de désherbant pour les rendre impropres à la consommation. Leur objectif : attirer l'attention du grand public sur les dangers pour la santé de ce type de produits.

Des amendes avec sursis requises... une relaxe au final

Quatre ans plus tard, 21 personnes étaient poursuivies pour destruction de biens d'autrui en réunion. Lors de l'audience, en mars 2021, le parquet avait requis des peines clémentes, en l'occurrence des amendes avec sursis. Mais ce mardi 1er juin, le tribunal a prononcé la relaxe pour l'ensemble des prévenus.

Une victoire de courte durée avec l'appel du procureur de la République

Le procureur de la République de Foix qui dispose de dix jours pour faire appel du jugement à user de ce droit. Il y aura donc un procès en appel pour les 21 militants "faucheurs volontaires" pour destruction de biens d’autrui en réunion.

Mais en attendant, cette décision de justice est évidemment perçue comme une victoire symbolique pour les militants. "Nous accueillons ce jugement avec la plus grande satisfaction. Pour nous parce que ça clôt un dossier et pour la cause puisque que c'est une reconnaissance que l'action qu'on a menée était, si ce n'est légal, tout au moins légitime", a expliqué Dominique Masset, faucheur volontaire et prévenu.

On n'a pas encore les attendus du procès, on les aura plus tard mais nous, on s'est basé sur l'état de nécessité, c'est-à-dire l'urgence à agir pour protéger la population, protéger la biodiversité et notre planète.

Dominique Masset, faucheur volontaire

"Cette urgence à agir, poursuit-il, nous a poussé à commettre un acte effectivement illégal mais beaucoup moins important que le risque que faisaient courir aux personnes ces produits-là".
Les militants poursuivis espèrent que le procureur ne fera pas appel de cette décision, ce qui serait pour eux contradictoire avec la clémence des réquisitions.

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