Pourquoi les accidents de chasse sont-ils toujours aussi fréquents ?

illustration partie de chasse. / © Max PPP
illustration partie de chasse. / © Max PPP

Le 26 octobre 2019, un septuagénaire était tué lors d'une partie de chasse en Ariège. C'est le premier accident mortel de la saison. Chaque année, des incidents de ce genre sont malheureusement à déplorer. L'an dernier en France, 7 personnes sont mortes. 
 

Par J.V

Le 26 octobre 2019, une battue aux sangliers à Varilhes en Ariège a viré au drame. Un septuagénaire a été mortellement atteint d'une balle tirée par un autre chasseur. Un accident tragique qui est loin d'être rarissime. 

Car chaque saison de chasse est marquée par ce type de drame. Les exemples ne manquent pas. Récemment, la justice a condamné un chasseur à 18 mois de prison avec sursis pour avoir tué un autre chasseur

7 morts en une saison

Le réseau « Sécurité à la chasse » de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a répertorié, entre juin 2018 et mai 2019, 131 accidents en France. Un chiffre en nette hausse par rapport à celui de la saison précédente (113 accidents). Sur les 131 accidents relevés, l'ONCFS dénombre 7 accidents mortel dont 1 personne « non chasseur ».

Car les victimes collatérales de ces parties de chasse sont aussi nombreuses. En février 2019 sur une route du Gers, un chasseur tirait sur une voiture, le conducteur et ses trois enfants n'étaient pas blessés mais très choqués. Le chasseur, qui avait minimisé son acte, avait été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis mise à l’épreuve, interdiction de détenir une arme et de chasser durant 3 ans et 4 400 € au titre des préjudices moraux.
 

En octobre 2018, un couple de lotois avait reçu une balle perdue dans le mur de sa maison. Le chasseur avait écopé d’une interdiction de chasser pendant un an assortie d’une amende de 1500 euros. En 2017, en Aveyron, c'est une femme qui avait été prise pour cible alors qu'elle était tranquillement dans son jardin. La victime était morte sur le coup. 

Les règles de sécurité mal respectées

La très grande majorité des accidents mortels reste liée à un manquement aux règles élémentaires de sécurité, à un tir sans identification et fait dans la précipitation, mais aussi à une mauvaise manipulation et un mauvais entretien de l'arme. 

Dans 66% des cas, ces accidents sont majoritairement intervenus lors d’une chasse collective au grand gibier.

Pour tenter de réduire le nombre d'accidents, l’ONCFS et les fédérations de chasseurs s'engagent dans la formation et les bons gestes.

Cette année, l’établissement public a noué un partenariat avec Chassons.com et réalisé plusieurs tutoriels vidéos pour sensibiliser les chasseurs aux bonnes pratiques.

Un projet de loi ''édulcoré"

Un projet de loi prévoit de rendre obligatoires plusieurs mesures comme la signalisation des chasseurs lors des battues au grand gibier, la signalisation des enceintes chassées et la remise à niveau des chasseurs tous les 10 ans. 

Lors du vote au Sénat en avril 2019, les sénateurs avaient créé un délit d'entrave pour sanctionner plus sévèrement l'action d'empêcher de chasser. Il vise à punir d'un an d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende le fait de s'opposer à un acte de chasse, aujourd'hui considéré comme une contravention. 

Mais le texte n'évoque pas un renforcement des contrôles et des sanctions en cas d'accident. Un manquement qui pourrait bien inciter les chasseurs à un certain relâchement de leur vigilance. Entre 1,1 et 1,2 million de personnes détiennent un permis de chasser en France. 

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