Salon de l'agriculture : “Dis Papa, pourquoi il dort le cochon ?”

Cette femelle de race cul noir du Limousin a besoin d'un peu de repos / © F. Valéry / France 3
Cette femelle de race cul noir du Limousin a besoin d'un peu de repos / © F. Valéry / France 3

Comment les animaux présents au Salon international de l'agriculture à Paris gèrent-ils le stress et les sollicitations permanentes ? Comment les éleveurs choisissent-ils dans leur cheptel ceux qui vont "aller au salon" ? Explications. 

Par Fabrice Valery

L'enfant est accroché à la barrière, le menton posé sur le montant en acier : "Papa, pourquoi il dort le cochon ?". Face à lui, étendue dans la paille, Nicole, la truie de race cul noir du Limousin, pique effectivement un énorme roupillon. Il n'est pourtant que onze heures du matin. 

Des sollicitations permanentes

Au Salon international de l'agriculture, à Paris, plus grande ferme de France (et sans doute d'Europe) pendant une dizaine de jours, les animaux, à poil ou à plume, sont les grandes vedettes. 

Imminence, la vache égérie du salon 2019, est inaccessible. Plus photographiée qu'une star hollywoodienne sur les marches au festival de Cannes. 

Mais les autres animaux, d'habitude paisibles en étables ou dans leurs pâturages, sont aussi très sollicités : selfie avec une vache, caresses répétées (on vous a pourtant dit qu'il ne fallait pas toucher les animaux, morbleu, c'est même écrit sur les panneaux !), défilé incessant des visiteurs, se pressant contre les rambardes...
C'est l'heure de la sieste. / © F. Valéry / France 3
C'est l'heure de la sieste. / © F. Valéry / France 3

Mais comment les animaux habitués aux grands espaces gèrent-ils la promiscuité, la foule et les sollicitations ?

On sélectionne les animaux qui ont un tempérament calme, explique Géraud Cussac, éleveur de vaches Aubrac à Saint-Flour (Cantal), qui présente Joyeuse, une belle bête de 5 ans. Et puis nos animaux ont l'habitude d'être à l'étable l'hiver... La présence humaine ne les stresse pas forcément, ils ont l'habitude d'être manipulés dès le sevrage. 

Même sentiment pour Jean-Daniel Bergès, éleveur de cheveux de Mérens à Fabas (Ariège). Dans le box de Tadjik de Fantilhou, le magnifique champion de France de la race 2018, le vice-président de l'association de la race Mérens, ne tarie pas d'éloge sur ce cheval habitué aux grands espaces pyrénéens et à sa faculté d'adaptation : 

Le Mérens, c'est un cheval qui est très bien dans sa tête. Il ne craint ni le froid, ni le chaud, il mange très facilement, il est rustique et résistant. Ici, au salon, il s'adapte parfaitement. On le sort deux fois par jour dans la carrière et parfois le soir, après la fermeture, les cavaliers le font un peu galoper dans l'enceinte du parc des expos. L'an dernier, ils sont même allés au pied de la Tour Eiffel.

Tadjik, le champion de race Mérens avec Jean-Daniel Bergès. / © F. Valéry / France 3
Tadjik, le champion de race Mérens avec Jean-Daniel Bergès. / © F. Valéry / France 3

Les journées au salon sont longues pour les bêtes et pour les animaux. Comme à l'étable ou au champ, les bêtes ont besoin de temps de repos même si c'est décevant, parfois, pour les visiteurs, notamment les plus jeunes, de tomber sur des animaux qui dorment. 

"Pour nous, c'est presque des vacances"

Le Salon international de l'agriculture, c'est un marathon d'une dizaine de jours pour les animaux. Un peu moins pour les éleveurs ? "Par rapport au travail que l'on a à faire sur nos exploitations toute l'année, ici c'est les vacances", admet, dans un clin d'oeil, Géraud, l'éleveur cantalien de vaches Aubrac. 

 

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