Du miel frelaté, savez vous que parfois vous en consommez sans le savoir ? Une nouvelle réglementation doit résoudre ce problème

Une plus grande transparence sur l'origine du miel : le parlement européen vient de voter un texte qui permet au consommateur d'identifier plus facilement l'origine géographique du miel en vente dans le commerce. Une satisfaction pour les producteurs, notamment en Ariège.

Une plus grande transparence sur l'origine du miel, c'est ce que souhaitent depuis longtemps les producteurs français et notamment les Ariégeois. Le Parlement européen vient de voter un texte qui permet au consommateur d'identifier plus facilement l'origine géographique du miel en pot vendu dans le commerce. Une satisfaction pour les apiculteurs ariégeois.

Alors qu'il révisait la directive miel, le Parlement européen a voté mardi dernier un texte pour assurer une meilleure information du consommateur sur l'origine des miels d'importation. Les miels conditionnés en Europe devront désormais afficher leur pays d’origine en toutes lettres, ainsi que les pourcentages dans le cas où ces miels seraient issus d’assemblages. Un étiquetage précis qui devrait permettre de lutter contre les fraudes et une forme de duperie du consommateur.

"L'office des fraudes européennes suspecte que 46% des miels soient adultérins. Aujourd'hui, on a du mal à les détecter, explique Simon Bellot, apiculteur, membre de la commission apiculture de la FNSEA. Et c'est tout l'enjeu de cette directive miel, c'est pouvoir les détecter de façon harmonisée et comme il faut sur le territoire européen".

Effectivement, pour Fabien Brabo, apiculteur en Ariège, c'est une avancée, car l'étiquetage précis auquel est soumise la profession en France ne lui permet pas de se distinguer auprès des consommateurs. Dans la grande distribution notamment, les miels importés ne sont pas soumis aux mêmes injonctions. Leur étiquetage, qui joue beaucoup sur le marketing et les notions floues, prête à confusion et pénalise les apiculteurs français.

"Moi, je vends 98% de ma production en gros, en vrac, et on se retrouve face à un problème d'importation de miel. On est avec des stocks d'invendus qui peuvent être de quelques fûts à la totalité de la production pour certains apiculteurs... ça peut engendrer des problèmes de trésorerie. Je suis concerné pour une petite tonne, mais je connais des apiculteurs qui se retrouvent avec 10, 12, 15, 20, 30, 40 tonnes de miel qui ne sont pas vendues et qui sont mises en concurrence avec ces miels venus de l'étranger bien moins chers.

"Ils sont venus à des tarifs sur lesquels on ne peut pas s'aligner. Et le consommateur aujourd'hui n'est pas assez averti et il peut se retrouver face à des miels dont il pense qu'ils sont français et qui ne le sont pas". Une concurrence déloyale donc.

Un état de fait que confirme Babé Lafage, apicultrice et propriétaire d'une boutique dédiée à l'apiculture. Pour elle, l'étiquetage des produits d'importation est clairement indigent. "Ce sont des abréviations ainsi, c'est pas marqué noir sur blanc et le client ne peut pas comprendre. Mais du coup, il est persuadé d'acheter du miel de France. "Miel de nos terroirs", ça peut être miel de Chine, d'Espagne... C'est du terroir aussi". 

Le texte prévoit également la création d’un laboratoire de référence européen. Son rôle : établir un système de traçabilité fiable pour tous les miels commercialisés en Europe.