"Les randonneurs oublient les risques". Les gendarmes confrontés à une très forte hausse des accidents en montagne cet été

De l'Ariège jusque dans les Hautes-Pyrénées, le constat est le même. Cet été, les sauveteurs des PGHM ne sont jamais autant intervenus afin de secourir les randonneurs et autres VTTistes en difficulté. Avec parfois des drames à la clé.

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Bonne nouvelle : depuis l'épisode du Covid, les touristes en mal de grands espaces et d'activité physique investissent comme jamais auparavant les crêtes et vallées des Pyrénées. Le territoire affirme son attractivité. Mais cet engouement a aussi un revers inquiétant. Les accidents en montagne ont explosé cet été.

+44% d'interventions

Les gendarmes des PGHM (Pelotons de Gendarmerie de Haute Montagne) et les CRS montagne ont enregistré un nombre record d'interventions de secours à personne.130 en Ariège pour les mois de juillet et août, c'est douze de plus que l'année précédente. Et même 300 interventions dans les Hautes-Pyrénées. Soit une augmentation massive de +44%.

La montagne et ses codes

"Une de nos dernières sorties, avant-hier, à Gavarnie, illustre à merveille les nouvelles pratiques à risque" explique le Major David Sicilia, commandant adjoint du PGHM de Pierrefitte-Nestalas. "Nous avons dû hélitreuiller deux personnes qui se sont retrouvées bloquées après avoir pris une mauvaise voie dans les échelles des Sarradets. La faute à une mauvaise cartographie".  

Pas suffisamment équipés, pas suffisamment en forme. Les nouveaux randonneurs ou alpinistes n'ont pas forcément les codes de la montagne

Major David Sicilia, commandant adjoint du PGHM de Pierrefitte-Nestalas

Plus de pratiquants, mais moins bien préparés physiquement, et dépourvus d'outils de cartographie fiables pour se repérer.

À l'image du sauvetage de Gavarnie, le salut des randonneurs vient souvent de l'appel de détresse qu'ils passent avec leur GSM. "En oubliant que la montagne reste un gruyère en matière de couverture des réseaux", se désole le Major Sicilia.

Une légèreté parfois fatale

Et les drames sont malheureusement à la hauteur des risques pris par ces nouveaux touristes de la montagne. Sept personnes ont perdu la vie cet été dans les Hautes-Pyrénées, et les sentiers de l'Ariège ont également fait une victime.

Nouveau danger : le VTT de descente

Les gendarmes du PGHM sont également davantage appelés sur les accidents liés à une activité en forte croissance depuis deux ans : la descente estivale en VTT sur les pistes des stations de ski. 

Une discipline séduisante, pratiquée par des touristes souvent peu aguerris, et qui fait exploser la traumatologie. 

En station, les VTTistes d'un jour ne mesurent pas toujours les efforts importants nécessaires à une descente. Et le cocktail fatigue + vitesse fait des dégâts

Major David Sicilia

Dans les Hautes-Pyrénées, le phénomène est même devenu une priorité pour la Préfecture, qui a publié au milieu de l'été un guide des bonnes pratiques réalisé par les unités de secours en montagne.

La prévention, plus nécessaire que jamais

Lors de vos randonnées en montagne occitane, vous croisez de plus en plus de gendarmes ou d'agents départementaux, et ces rencontres au fil des chemins ou dans les refuges ne doivent rien au hasard. Les personnels de sensibilisation et de secours ont multiplié cet été les opérations de prévention, seize par exemple menées dans les Hautes-Pyrénées. De quoi renforcer les campagnes de médiatisation des risques sur les réseaux sociaux. 

Nous devons convaincre les néo-pratiquants que les efforts déployés lors des activités en ville n'ont pas grand chose à voir avec ceux nécessaires en montagne

Major David Sicilia

Les réflexes qui sauvent

Tenir compte de la météo, s'hydrater régulièrement... Des consignes simples, de bon sens, mais qui permettent d'éviter les drames. Voici les principales consignes de sécurité qui permettront aux randonneurs de limiter les risques et marcher en toute sérénité : 

  • Avant de partir, se renseigner sur les prévisions météorologiques et l'itinéraire emprunté.
  • Choisir une activité ou un itinéraire adapté au niveau de tous les participants du groupe.
  • Prévoir du matériel adapté (chaussures, tenue, eau, nourriture)  et de quoi faire face à un imprévu majeur (blessures, intempéries...)
  • Ne pas partir seul, mais si tel est le cas, penser à prévenir un proche de sa sortie et de son itinéraire. Emporter un moyen d’alerte (téléphone, radio…) afin d’être en mesure de contacter les secours (112).
  • Si vous êtes débutants, n’hésitez pas à vous rapprocher des professionnels de la montagne, des guides pour découvrir des chemins plus difficiles en toute sécurité.

Avec ces quelques bonnes pratiques, vous voilà parés pour découvrir en sécurité la montagne à l'occasion des belles journées de début d'automne.

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