Attentats de Barcelone : la justice espagnole abandonne l’hypothèse d’une filière française en Occitanie

Driss Oukabir est l'une des trois personnes renvoyées devant un tribunal pour terrorisme par la justice espagnole. Ses liens avec l'Albigeois Mohamed B. valent à ce dernier d'être mis en examen en France pour association de malfaiteurs terroristes. / © STRINGER / AFP
Driss Oukabir est l'une des trois personnes renvoyées devant un tribunal pour terrorisme par la justice espagnole. Ses liens avec l'Albigeois Mohamed B. valent à ce dernier d'être mis en examen en France pour association de malfaiteurs terroristes. / © STRINGER / AFP

La justice espagnole a clôturé le 7 janvier son enquête sur les attentats de Barcelone de l’été 2017, ayant fait 16 morts et 120 blessés. Seules trois personnes seront jugées pour terrorisme écartant la participation des personnes mises en cause en France dans cette affaire.
 

Par Sylvain Duchampt

L’Albigeois Mohamed B. ne comparaîtra pas devant la justice espagnole pour les attentats de Barcelone et Cambrils survenus à l’été 2017 et ayant fait 16 morts et 120 blessés.

Le 7 janvier, la justice espagnole a clos son enquête. Seules trois personnes seront jugées : Mohamed Houli Chemlal, Driss Oukabir et Said Ben Iazza. Tous comparaîtront devant un tribunal pour appartenance à une organisation terroriste et pour avoir collaboré à ces activités. L’accusation d’assassinat n’a pas été retenue. 
 

Interpellé pour ses liens avec l'un des suspects

Mohamed B. avait été interpellé le 20 février 2018 à Albi (Tarn) avec deux autres personnes. L’une à Gaillac, toujours dans le Tarn, l’autre à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard. 

Le Marocain, alors âgé de 31 ans avait été mis en examen, 10 jours plus tard, par le parquet de Paris, pour association de malfaiteurs terroristes, en raison de ses liens avec avec Driss Oukabir, un membre présumé du commando des attentats de Barcelone et Cambrils, avant d’être relâché en raison d’une erreur dans la procédure des enquêteurs espagnols.
 

Toujours mis en examen en France

« Si cette décision d'écarter Mohamed B. de la procédure espagnole est confirmée, elle doit être rapportée au juge français qui doit en tirer toutes les conséquences. » estime l'avocat de l'Albigeois, Maître Moad Nefati. Ce qui n’est pas encore le cas puisque selon nos informations, aucune ordonnance de non-lieu n’a été pour le moment rendue par la justice française.
 

 Ses origines dans le même village que Driss Oukabir, sa présence à Ripoll et la chronologie étaient incriminantes pour Mohamed B., reconnaît l’avocat. Mais des explications avaient été données, confirmées depuis. Ce qui m'étonne c'est la position du magistrat français qui a refusé ma demande de placement sous le statut de témoin assisté formée il y a quelques mois.  

La cellule terroriste en France écartée

L’absence de poursuites espagnoles à l’encontre de Mohammed B. signe pour l'enquête espagnole la fin de l’hypothèse d’une seconde cellule terroriste, basée en France dans le Tarn, soutenant les équipes de Barcelone et Cambril.

Moad Nefati constate 

avec surprise que la justice antiterroriste française a été totalement passive dans ce dossier et tributaire des informations fournies par les Espagnols, qui se sont révélées être totalement erronées. Le risque d'avoir emprunté de fausses pistes est donc assez élevé dans ce dossier et posera problème lorsque les parties civiles feront valoir leur droit lors d'un éventuel procès en France.

Toujours mis en examen dans ce dossier par le parquet de Paris, Mohamed B. n'en a pas fini avec la justice française. Récemment condamné pour défaut de permis, le père de famille dort actuellement en prison après une altercation à la sortie d'une boite de nuit où on l'accusait d'être un "islamiste". 

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