Aude et Hérault : pour contrer l'attaque du mildiou, les viticulteurs réclament des épandages aériens

Il y a urgence et dans le traitement préventif du mildiou, chaque jour compte. Les viticulteurs de l'Aude et de l'Hérault ont fait déjà 2 demandes de dérogation pour pouvoir traiter les vignes par hélicoptère. 2 demandes refusées, c'est notamment le ministère de l'Ecologie qui fait blocage.

Le mildiou se caractérise par des taches brunes sur les feuilles de la vigne.
Le mildiou se caractérise par des taches brunes sur les feuilles de la vigne. © France 3
Dans l'Aude, 9.000 hectares de vignes sur les 70.000 hectares de vignoble seraient touchés par cette attaque de mildiou et auraient donc besoin d'être traités au plus vite, tout comme quelques parcelles de melons et plusieurs rizières. Dans l'Hérault, 1.000 hectares de vignes seulement sont concernés.

Les fortes pluies d'avril, entre 150 et 200mm localement, font craindre le pire pour certaines parcelles de vigne. Gorgés d'eau stagnante ou situés à proximité de cours d'eau, ces vignobles peuvent être décimés par le mildiou et l'oïdium. Et vu l'état du terrain, un traitement mécanique à l'aide d'un tracteur ou d'un quad est impossible. Seul un épandage aérien peut sauver la récolte.
 

Nous sommes des gens rensponsables. Nous demandons une dérogation exceptionnelle car nous n'avons pas le choix. Il s'agit de la survie de dizaines d'exploitations, notamment dans les Corbières. Notre demande est raisonnable, avec des produits ciblés même autorisés en agriculture Bio et pour une durée très limitée mais là on a plus le temps d'attendre" explique Philippe Vergnes, le président de la Chambre d'agriculture de l'Aude dont les parcelles ne sont pas touchées par la maladie.


En fait, la Chambre d'agriculture de l'Aude et les syndicats professionnels ont déjà fait une première demande de dérogation, mi-avril, avec leurs homologues de l'Hérault, pour pouvoir procéder à des épandages aériens et faire un traitement par hélicoptères. Mais la réponse a été négative.

Car pour utiliser cette méthode d'épandage aérien, en France, il faut une dérogation spéciale du gouvernement... depuis 2015.

Alors la semaine dernière, une nouvelle demande a été faite avec en plus un dossier technique précis. Il comprend des contraintes environnementales strictes, des épandages limités sur des zones ciblées, une information des riverains et surtout cette autorisation ne serait que de courte durée.
 

On demande 10 jours pour éviter 100% de perte sur les vignes touchées. Il n'est pas question de traiter ainsi jusqu'aux vendanges.


Cette 2e demande vient d'essuyer un 2e refus.
 

C'est désormais une décision politique. 2 des 3 ministères concernés ont dit oui. Mais le ministère de l'Ecologie bloque. Pourtant, il ne s'agit pas de déverser des pesticides ou des produits dangereux. D'ailleurs, le ministère de la Santé a donné une réponse favorable.

 

Refus du ministère de l'Ecologie


Pour obtenir cette dérogation exceptionnelle, comme cela fut le cas en 2016 en Alsace, 3 ministères doivent donner un avis favorable. Le ministère des Solidarités et de la Santé et le ministère de l'Agriculture sont d'accord mais le ministère de la Transition écologique et solidaire a dit non.

Mais après la sécheresse de l'an passé et les brûlures de certaines parcelles de vignoble, la crainte d'une nouvelle baisse de la production reste très vive. Et la colère des vignrons monte dans l'Aude et dans l'Hérault.
 

En 2018, on a pu traiter le mildiou sans recourir à l'épandage aérien. Mais là, c'est différent... on a pas d'autres choix. Les produits sont prêts, les hélicoptères aussi, les cartes d'épandage sont réalisées. Cela va coûter très cher mais sinon tout est perdu. Et si on ne fait rien avant 15 jours, ce sera un catastrophe viticole.

 

Une attaque de mildiou à l'été 2018


Déjà, il y a 2 ans, entre les fortes pluies et l'humidité persistante du printemps en Occitanie, toutes les conditions climatiques avaient été favorables à la prolifération du pseudo-champignon et donc de la maladie. 
Conséquence, pour certaines parcelles des Corbières et autour de Lunel, les dégâts étaient irrémédiables. Il n'y avait pas eu de raisins.
 
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