1 500 exploitations agricoles à transmettre en 10 ans dans l'Aude : un enjeu majeur pour l'agriculture française

Les successions sont un enjeu majeur de l'agriculture française et sont au cœur des revendications des agriculteurs. Illustration dans l'Aude où des néoagriculteurs ont repris une exploitation alors qu'un jeune arboriculteur cherche à revendre la sienne.

Départ à la retraite ou reconversion professionnelle : en dix ans, la moitié des 3 000 exploitations agricoles de l'Aude seront à transmettre.

Cette question de reprise des fermes fait d'ailleurs partie des revendications des agriculteurs mobilisés depuis mi-janvier 2024 et notamment, la problématique des coûts de cette succession, jugés trop élevés par les agriculteurs.

Seuils d'exonération

Lors d'une conférence de presse à Matignon le 1er février 2024, le Premier ministre, Gabriel Attal, et le ministre de l’Economie, Bruno Le Mair,  ont annoncé le relèvement des seuils d'exonération sur les successions agricoles.

Objectif : faciliter la reprise des fermes et l'installation des jeunes agriculteurs.

Départ à la retraite

À Courtauly dans l'Aude, Yoann Wallraf et Estelle Habran, deux trentenaires belges ont repris le contrat de fermage d'un agriculteur partant à la retraite il y a cinq ans.

L'un travaillait dans la sidérurgie, l'autre dans le social. Tous deux se sont installés aux confins de l'Aude et de l'Ariège dictés par leur désir de quitter la ville, ils ne ressentent aucun regret.

Nous c'est la rencontre avec les chèvres qui nous a convaincus assez vite. C'est vrai que ça n'est pas un métier simple, ça demande de la présence, des épaules solides mais il existe un tas de structures qui sont là pour nous aider.

Estelle Habran - éleveuse de chèvres "ferme de Nanesse"

Reconversion professionnelle

Quelques kilomètres plus loin, Noé Ponceblanc âgé de 36 ans est arboriculteur à Limoux. En 2021, il a planté une parcelle d'un tiers d'hectare avec trois variétés de pommes.

Aujourd'hui, le jeune agriculteur cherche un repreneur, il se donne deux ans pour le trouver. "J'ai un peu fait le tour des pommiers notamment, j'ai d'autres projets, j'ai envie d'expérimenter d'autres choses", confie-t-il.

Pour moi, l'agriculture c'est pas forcément un projet de vie, c'est un métier à un moment puis on a la possibilité et le droit d'en changer.

Noé Ponceblanc - arboriculteur

Autant de nouveaux visages de l'agriculture française qu'il sera possible de rencontrer ce week-end dans l'Aude, lors du Salon à la ferme organisé par la Confédération paysanne.

Écrit avec Chloé Fabre.