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La Lauragaise est tenue de garder 90 salariés malgré les difficultés

La Lauragaise, l'ex-société Spanghero de Castelnaudary, reprise par son fondateur après le scandale de la viande de cheval, reste tenue de garder tous ses salariés pendant deux ans, malgré une activité encore fragile, a déploré, mercredi, Laurent Spanghero.

Castelnaudary (Aude) - les locaux de La Lauragaise - août 2013.
Castelnaudary (Aude) - les locaux de La Lauragaise - août 2013. © La Lauragaise

Le repreneur avait fait appel d'une l'obligation de "garder les 90 salariés repris pendant deux ans" mais la Cour d'appel de Montpellier a considéré, mardi, que son recours était "irrecevable".

Dans son jugement du 5 juillet, le tribunal de commerce de Carcassonne accordait à Laurent Spanghero la reprise de son ancienne société. Le tribunal prenait "acte de la reprise de 90 salariés" et soulignait que M. Spanghero s'engageait à "ne pas céder les actifs pendant 5 ans et à garder le personnel repris au moins pendant deux ans".

L'avocat de Laurent Spanghero, Christophe Lèguevaques, déplore un "malentendu", assurant que les repreneurs Laurent Spanghero et ses associés, Investeam et le promoteur immobilier Jacques Blanc, avaient seulement offert "une priorité de réembauchage pendant deux ans aux salariés licenciés".

La clause stipulant que tous les salariés repris doivent être gardés pendant deux ans "est une aberration économique (...) si on n'a pas suffisamment de commandes et que l'usine ne tourne pas à plein régime", a expliqué l'avocat.


Laurent Spanghero a indiqué, mercredi, que son appel avait aussi porté sur l'obligation qui lui était faite de "prendre en charge 310.000 euros de congés payés des salariés repris, qui auraient dû être payés par l'ancien propriétaire, le groupe Lur Berri".
La cour d'appel n'a pas suivi ces arguments, soulignant que "le tribunal n'avait fait que reprendre dans son jugement les engagements souscrits par le cessionnaire sans lui imposer d'autres charges", rapporte Jean-Marc Denjean, avocat des anciens représentants du personnel.

Selon lui, les engagements étaient bien réels: "rien n'était trop beau alors, puis il (M. Spanghero) a vu qu'il aurait du mal à tenir ses engagements et il a fait appel le 22 juillet", a ajouté Me Denjean, remarquant que cette démarche avait été fort peu médiatisée.

L'entreprise, qui a deux activités de plats cuisinés et de transformation de viandes, a été à l'arrêt pendant un mois en juillet. Laurent Spanghero précise que la branche plats cuisinés a mieux  redémarré que celle de la viande, paralysée à la fin juin par la perte d'un contrat avec Lidl.

Une réunion des associés est prévue le 30 octobre pour faire le point, quatre mois après la reprise. "On est partis pour poursuivre notre activité. Notre objectif, c'est de voir comment avancer en 2014", souligne Laurent Spanghero.
Ce dernier précise qu'il n'est "pas dans ses intentions" de placer à nouveau l'entreprise sous la protection du tribunal de commerce.
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