Réforme des retraites et 49.3 : "On restera le temps qu'il faudra", assurent les bloqueurs à Port-la-Nouvelle

Une petite centaine de personnes se relaient depuis jeudi 16 mars sur un rond-point de Port-la-Nouvelle qui mène au port de commerce. Une intersyndicale bloque son accès, en opposition à la réforme des retraites.

Troisième jour d'occupation à Port-la-Nouvelle dans l'Aude. 75 opposants à la réforme des retraites bloquent l'accès des poids lourds au dépôt pétrolier audois. Ils justifient ce durcissement des actions par le besoin d'être entendus par le gouvernement.

Depuis 4 heures du matin, jeudi 16 mars, des salariés se sont installés sur un rond-point stratégique. La situation est plutôt calme ce samedi 18 mars, puisque les camions ne s'approvisionnent pas le week-end. Mais sur place, les opposants à la réforme s'organisent pour une occupation dans la durée.

Durcir le mouvement

"Passer de manifestations classiques de temps en temps à un blocage, c'est vraiment un pas symbolique", explique Manuel Bourrieau, du syndicat Solidaires. Si ce blocage existe, c'est "pour durcir le mouvement, et inciter les gens à venir nous rejoindre sur les blocages, parce que ce n'est pas évident".

"Il y a du monde qui arrive, on ne baisse pas les bras", assure Marie Soubercazes, du SNUipp-FSU de l'Aude, lunettes sur les yeux. "On est là et déterminés, et on restera le temps qu'il faudra, jusqu'au retrait de la réforme."

Les seuls véhicules qui franchissent le barrage sont les camions d'oxygène pour les hôpitaux. Pour le reste du port de commerce, aucune activité. L'intersyndicale assume un potentiel blocage de l'économie. Le prix à payer selon eux, pour être entendu.

Occupation reconduite dimanche

"On explique au gouvernement, qui ne nous entend pas, que la réforme proposée ne nous convient pas et que nous n'en voulons pas", détaille Jésabelle Paoli, secrétaire générale de la CGT Narbonne-Littoral. "On est nombreux à le dire : plus de 91% des salariés sont contre. Au niveau de la population, c'est plus de 70%. C'est dommage que ce gouvernement ne nous entende pas." 

Les sept syndicats présents ont reconduit l'occupation jusqu'au dimanche 19 mars, à 15 heures. Si le barrage se maintient au-delà du week-end, la situation pourrait dès lundi se compliquer pour l'approvisionnement de la région en carburant.