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Scandale de la viande de cheval : de 18 mois avec sursis à 4 ans ferme requis

Après les plaidoieries des parties civiles, hier, c'est l'heure des réquisitions. / © J.Sanna F3LR
Après les plaidoieries des parties civiles, hier, c'est l'heure des réquisitions. / © J.Sanna F3LR

Deux des anciens dirigeants de l'entreprise Spanghero de Castelnaudary et deux traders néerlandais étaient jugés pour escroquerie en bande organisée et tromperie au procès du scandale de la viande de cheval vendue comme du boeuf. La procureure a requis de 18 mois avec sursis à 4 ans ferme.

Par Josette Sanna

Quatre hommes, parmi lesquels deux anciens cadres de l'usine Spanghero à Castelnaudary, et deux traders en viande néerlandais comparaissnt pour tromperie et escroquerie en bande organisée au procès du scandale de la viande de cheval vendue pour du boeuf devant le tribunal correctionnel de Paris.

La justice les soupçonne d'avoir organisé une fraude portant sur 750 tonnes de viande de cheval vendue comme du boeuf à des sous-traitants ayant fabriqué des plats cuisinés pour de grandes enseignes comme Findus, Picard, Carrefour...

10 ans de prison et 1 million d'euros d'amende encourus

Les prévenus risquent jusqu'à 10 ans de prison et un million d'euros d'amende.
Après les plaidoieries des  parties civiles hier, qui ont réclamé jusqu'à 40 millions d'euros de dommages et intérêts pour le préjudice subi par cette affaire, place aujourhui aux réquisitions

"Votre juridiction doit juger l'une des plus importantes fraude de de ces dernières années et dont les répercussions sont encore perceptibles".

Fraude au cours de laquelle la traçabilité a été torpillée de Breda à Castelnaudary, a lancé en préambule, la procureure Aude Le Guilcher.

Fraude à quatre

"Une fraude en bande organisée par Fasen le trader polyglote qui parcout l'Europe à la recherche des meilleurs affaires, avec l'aide de Hendricus Windmeijer, "son fidèle exécutant", et le "charismatique" et autoritaire Jacques Poujol ( chargé de redresser l'entreprise) avec l'aide du "brave soldat Monguillon".

Une fraude organisée selon elle "de concert entre les qutre prévenus".
"Pourquoi un professionnel comme Jacques Poujol, a-t-il retravaillé avec Fasen, alors qu’il avait eu auparavant des problèmes avec le trader néerlandais et savait qu’il avait vendu du cheval comme étant du bœuf halal ? Pourquoi, sinon dans le cadre d’une escroquerie ?", interroge encore la magistrate du parquet.

Le tortueux circuit de la viande

Elle détaille alors le circuit de la viande décrit comme une « aberration économique » qui part du Canada ou de Roumanie, passe par les Pays-Bas, descend dans l’Aude et remonte au Luxemboug pour les sous-traitants de grandes enseignes de produits surgelés. Un circuit qui prend tout son sens dans le cadre d’une fraude.
Elle détaillera ensuite le changement des étiquettes en cours de voyage pour « brouiller les pistes »et tromper les clients sur la traçabilité.

Du cheval… à l’agneau britannique

Parallèlement à l’utilisation supposée de viande de cheval pour les plats préparés, les anciens responsables de Spanghero sont poursuivis pour avoir utilisé de la viande de mouton britannique séparée mécaniquement, -un procédé interdit en France depuis la crise de la vache folle-, dans la fabrication de merguez. Une viande vendue par Johannes Fasen. 83 tonnes sont pointés par l’accusation. 

Mandat de dépôt requis contre l'un des traders

La procureure a requis un an de prison ferme contre Jacques Poujol, 4 ans ferme et mandat de dépôt contre Johannes Fasen, et l'interdiction définitive d'exercer une activité dans le secteur de la viande contre les deux hommes, deux ans avec sursis contre Patrice Monguillon et 10 000 euros d'amende et 18 mois avec sursis contre Hendricus Windmeijer.
A l'énoncé des peines requises, les prévenus sont sous le choc. Jacques Poujol accuse le coup, très affecté par la demande d'interdiction définitive de travailler dans le commerce de la viande.

Le réquisitoire est très sévère au regard de ce qui se pratique habituellement en droit de la consommation


"Le réquisitoire est très sévère au regard de ce qui se pratique habituellement en droit de la consommation. Nous sommes étonnés des proportions que cette affaire a prise," explique maître de Caunes, avocat de Jacques Poujol.
 
Suite et fin du procès demain avec les plaidoiries de la défense.
Le jugement devrait être rendu dans un mois.
 

 

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