Aveyron : le dossier SAM continue de faire des vagues dans le monde politique

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Écrit par Benoît Roux
Un homme marche devant des pancartes dénonçant la cessation d'activité de la SAM (Aveyron), le 24 novembre 2021.
Un homme marche devant des pancartes dénonçant la cessation d'activité de la SAM (Aveyron), le 24 novembre 2021. © VALENTINE CHAPUIS / AFP

La Société Aveyronnaise de Métallurgie (SAM) a été déclarée en liquidation judiciaire mais elle continue d'engranger des soutiens dans la société et le monde politique. La fonderie est toujours en bleu de chauffe pour alimenter le débat sur la délocalisation des industries. Le candidat EELV à la présidentielle Yannick Jadot devrait bientôt se rendre dans l'Aveyron.

Il ne fait pas bon être membre du gouvernement ou député de la majorité lorsque le dossier de la SAM arrive sur la table. Lors de la séance de questions au gouvernement au Sénat, la ministre déléguée à l'Industrie en a fait les frais, mercredi 1er décembre.

Séance houleuse au Sénat

Entre Agnès Pannier-Runacher et l'Aveyron, la température est assez froide. A plusieurs reprises la ministre a été prise à partie ou moquée pour ses propos sur "la magie de l'usine". Le gouvernement, par ailleurs actionnaire à hauteur de 15% de Renault, est mal à l'aise depuis le refus de l'industriel de participer au sauvetage de la SAM.

Mercredi, la ministre s'est retrouvée sous les feux de la critique face aux sénateurs. Selon l'AFP,  la sénatrice du Lot Angèle Préville (Socialiste-Ecologiste et Républicains) a qualifié de "capitulation" la fermeture de la SAM, "l'exemple même de désindustrialisation organisée par un groupe automobile français avec la complicité du gouvernement, principal actionnaire"

L'Etat qui a aussi fourni un prêt garanti de 5 milliards à Renault n'aurait pas son mot à dire?  Le sénateur Alain Marc (Aveyron, les Indépendants) s'est ému d'une probable délocalisation de l'activité "en Roumanie" permise par Renault. 

Sur les antennes de France Bleu et France 3 Occitanie lundi, Agnès Pannier-Runacher avait tenté de calmer le feu de la contestation: "Je demande à Renault, effectivement, de prendre des engagements sur la manière dont les salariés seront accompagnés. Je veux dire aussi aux salariés que leur savoir-faire et la qualité de leur travail n'est pas en cause. Et c'est pour cela que, d'une certaine manière, je suis confiante dans leur reclassement parce qu'ils ont des compétences qui sont aujourd'hui recherchées... Et notre travail, c'est maintenant de mettre ces propositions d'emplois en face de chaque salarié et de faire en sorte qu'ils puissent rebondir le plus rapidement."

Les aides de l'Etat doivent-elles être conditionnées? C'est ce que pensent certains hommes politiques comme le candidat EELV à la présidentielle Yannick Jadot.

Soutien aux salariés et aides publiques sous condition pour EELV

Ce jeudi 2 décembre après-midi à Rodez, EELV-Aveyron tenait une conférence de presse.

Yannick Jadot et Julien Bayou devraient d'ailleurs se rendre rapidement sur place pour rencontrer salariés et syndicats. Aucune date n'est arrêtée pour l'instant mais le candidat vert a tenu le même discours sur les délocalisations qui ne sont pas une fatalité auprès des salariés de FerroPem en Savoie. Comme l’a fait Yannick Jadot le 30 septembre sur le site de FerroPem, "les écologistes appellent le gouvernement à nationaliser temporairement la SAM, le temps de construire avec les salariés et les autres acteurs locaux un projet de reprise solide et durable." 

Contact est pris entre les écologistes et la SAM pour organiser la venue du candidat prochainement. Dans une société qui aime bien les symboles, il n'est pas impossible que certains politiques s'emparent du dossier SAM pour pointer du doigt le renoncement de l'Etat. 

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