Aveyron : des amendes requises contre les gérants d'une exploitation ovine et deux vétérinaires, jugés après la diffusion d'une vidéo de l'association L214

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Des amendes de 5 à 10.0000 euros ont été requises hier mercredi 22 juin au Tribunal de Rodez, à l'encontre de deux vétérinaires et des cogérants de l'exploitation ovine Grimal à Rullac-Saint-Cirq. Un procès qui fait suite à la mise en ligne d'une vidéo choc de l'association L214. On y voit des images de maltraitance animale dans cet élevage intensif.

Des amendes... C'est ce qu'a requis hier le procureur de Rodez à l'encontre des deux co-gérants de  l'exploitation ovine Grimal à Rullac-Saint-Cirq : 5000 € dont 2500 avec sursis à l'encontre de Raymond Grimal et son fils Johan. L'exploitation est également en cause selon le ministère public, qui demande que la société SARL Grimal soit condamnée à 8000€ d'amende dont 4000€ avec sursis. 10000€ dont 5000 euros avec sursis, ont été requis contre les deux vétérinaires qui travaillent avec cette exploitation ovine. 

L'affaire débute il y a deux ans, après la mise en ligne d'une vidéo choquante par l'association de défense des animaux, L214. Sur les images tournées entre janvier et février 2020 dans une exploitation ovine à Rullac-Saint-Cirq en Aveyron, on voit des agneaux en très mauvais état. Des animaux qui ne voient pas le jour, souffrent de malformations et de maladies respiratoires. On y voit aussi des agneaux égorgés, alors qu'ils ne sont pas correctement étourdis par la pince électrique. Pour L214, ils sont donc tués en pleine conscience. Voici la vidéo de L214 intitulée "Roquefort, souffrance d'origine garantie" : 

Les images ont été prises dans un élevage d'engraissement industriel d'agneaux de 20.000 m2. "Chaque année, près de 120.000 agneaux, principalement issus de la filière laitière AOP Roquefort, y sont engraissés pendant environ 3 mois" explique l'association L214. L'exploitation est gérée par la famille Grimal, père et fils. Tous deux sont d'ailleurs renvoyés devant le tribunal correctionnel de Rodez. Ils sont poursuivis pour mauvais traitements commis sur les animaux, tromperie sur la qualité du produit, mais aussi pour "administration irrégulière de médicaments vétérinaire".

Fait rare, deux vétérinaires de la région qui travaillaient sur cet élevage sont également poursuivis chacun pour 7 délits, selon l'association L214. Parmi les faits reprochés, "absence de surveillance sanitaire", "abus de médicament", ou encore "délivrance de de médicaments vétérinaires sans ordonnances et dans des quantités importantes"

L'enquête, confiée au parquet de Rodez, avait débouché à l'époque sur des perquisitions et des gardes à vue. Pour l'association L214, le procès qui s'est déroulé hier a valeur d'exemple. Cette affaire "montre à quel point le système d' élevage intensif est effroyable pour les animaux, mais aussi dangereux pour les êtres humains. : l'usage anarchique des antibiotiques est une menace qui pèse dur la santé publique (...). Les élevages ne sont pas des zones de non-droit " explique Brigitte Gothière, cofondatrice de L214.

Interrogé sur ces accusations en juin 2020, Raymond Grimal, qui gère l’élevage avec son fils Johan, hausse la voix. « On n’a rien à se reprocher. On est même montré en exemple. On a 200 fournisseurs qui nous font confiance depuis des années. Ce n’est pas un hasard ».

Le gérant de l'élevage conteste les images de L214

Le gérant de la Sarl Grimal qui dit avoir investi 1 million d’euro pour le bien-être animal affirme être aujourd’hui à l’avant-garde et ne pas être inquiet d’autant que les images tournées par L214 ne reflètent pas la réalité selon Raymond Grimal. "Ils sont venus de nuit et ont effrayé les agneaux. Apeurés, ils se sont alors agglutinés les uns sur les autres. Pour faire des images choc, ils ont filmé l’infirmerie, l’enclos où sont gardés les animaux malades, c’est-à-dire une minorité sur les 3000 agneaux présents " se défend le co-gérant de cette exploitation d'élevage intensif. 

Le jugement a été mis en délibéré au 14 septembre 2022.