Une maternité, une pharmacie, la SAM : 3 claps de fin en ce dernier jour de 2021

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Écrit par Christophe Neidhardt
Depuis que le Tribunal de commerce de Toulouse a annoncé le 26 novembre 2021 la cessation immédiate de leur activité, les salariés de l'équipementier SAM, près de Decazeville dans l'Aveyron, se battent pour sauver leur emploi.
Depuis que le Tribunal de commerce de Toulouse a annoncé le 26 novembre 2021 la cessation immédiate de leur activité, les salariés de l'équipementier SAM, près de Decazeville dans l'Aveyron, se battent pour sauver leur emploi. © JOS? A. TORRES / MAXPPP

Pour eux, c'est la fin. L'entreprise SAM de Rodez, la maternité de la clinique du Pont-de-Chaume et la pharmacie de Miradoux dans le Gers ferment leurs portes ce 31 décembre. Même si pour certains, l'espoir reste de mise.

Il garde espoir. Depuis deux mois et demi, le maire de Miradoux, petite commune gersoise de 600 habitants, cherche un repreneur pour l'unique pharmacie de la commune. Le 11 octobre dernier, Jérémy Lagarde lançait un appel sur le réseau social Facebook. 

Demain, 1er janvier 2022, la pharmacie va bien fermer ses portes, mais elle ne va pas disparaître pour autant. "Nous nous sommes mis d'accord avec le propriétaire de cette pharmacie pour qu'il nous laisse le temps de trouver un repreneur. Il devait rendre la licence à l'ARS, finalement il va la garder encore quelques mois".

Plusieurs candidats se sont manifestés, mais à cause du COVID et la fin de l'année, le maire (SE) de Miradoux n'a pas pu finaliser la reprise de cette pharmacie à laquelle il croit dur comme fer. "Oui je suis optimiste bien-sûr. On va tout faire pour trouver un repreneur. Cette officine est vitale pour la commune où résident nombre de personnes âgées".

"En attendant, nous allons nous organiser avec les médecins et les infirmières de la commune pour que la continuité des soins soit assurée" explique l'édile gersois.

Pour la maternité de la clinique privée du Pont de Chaume (groupe Elsan) à Montauban dans le Tarn-et-Garonne, ce 31 décembre marque aussi la fin d'une histoire. Elle ferme ses portes ce soir, une annonce faite début septembre aux syndicats. La direction de l'établissement justifiait alors cette décision par la baisse de la natalité et des problèmes de recrutement. "Cela fait plusieurs années déjà que la maternité perd de l'argent. Le nombre d'accouchements a beaucoup baissé : on est passé de 650 en 2017 à 435, l'année dernière. Et aujourd'hui au 1er septembre, nous n'en sommes qu'à 210" nous expliquait à l'époque Olivier Beneton, directeur de la clinique du Pont de Chaume.

2 maternités pour tout le département

Le 1er janvier 2022, il ne restera donc que deux maternités dans le Tarn-et-Garonne, toutes situées à Montauban. A savoir le Centre hospitalier de Montauban et la clinique privée Croix Saint-Michel. Ces deux établissements vont devoir absorber les demandes des futurs mamans d'un territoire qui avait déjà perdu la maternité de Moissac en 2003.

"C'est la dernière journée de l'année, mais ce n'est pas le dernier jour de lutte pour nous". Les mots de Ghislaine Gistau, déléguée CGT sur site, expriment toute la détermination des salariés de la SAM à Viviez (Aveyron). Pourtant ce soir, le contrat de travail de 315 salariés (sur 333) de l'équipementier automobile et sous-traitant de Renault, s'achève. Seuls les salariés protégés - ils sont 18 au total - font encore officiellement partie de l'entreprise. Un nouveau CSE est prévu courant janvier, mais leur licenciement ne fait guère de doute.

Occupation du site par les salariés

C'est le 26 novembre dernier, que le Tribunal de commerce de Toulouse a rendu son verdict. Faute de repreneur jugé "crédible", il a ordonné la cessation immédiate de l'activité de la SAM. Depuis, les salariés occupent le site industriel, entre colère et espoirs déçus. Mais leur combativité est intacte. "On se bat pour protéger notre outil de travail. Il y a des roulements tous les jours, on s'organise pour que le site reste intact et sécurisé".

Bien déterminés à se battre, les salariés vont - pour certains - passer la nuit du réveillon sur place. "C'est la première fois que nous allons passer le réveillon dans les ateliers. On devrait être plus d'une centaine environ. C'est forcément spécial pour nous" explique Ghislaine Gistau.

"Ce 31 décembre ce n'est pas une fin en soi pour nous. On va continuer à se battre, on est toujours aussi déterminés. Et il y a une grande solidarité entre nous" rappelle-t-elle. Le combat continuera donc en 2022 pour l'avenir de ce site et la sauvegarde d'un bassin d'emploi déjà sinistré.

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