Les salariés de l’usine Bosch bientôt fixés sur leur avenir, la survie du site industriel en jeu

Ce mardi 12 décembre, les salariés de l’usine Bosch de Rodez obtiendront des réponses. La direction française se rend sur place. A-t-elle trouvé un produit de diversification pour remplacer le diesel ? C’est l’avenir des 531 employés du site qui se joue.

La fin des moteurs thermiques est annoncée pour 2035 par l’Union européenne. Mais quid des usines qui les fabriquent ? A Rodez, le site Bosch était le fleuron industriel de l’Aveyron et son premier employeur privé. 

La crise du diesel était un coup dur pour la Bosch, l’arrêt du moteur thermique pourrait en signer sa fin. 

3 scénarios envisagés 

Les salariés seront bientôt fixés sur leur sort. 3 scénarios sont actuellement envisagés : 

  • la direction se présente les mains vides
  • la direction se limite au thermique dont la fin est programmée pour 2035
  • une solution est proposé pour diversifier la production

Ce dernier scénario est le plus favorable à l’usine. “Certes le thermique pose problème”, admet Jean-Philippe Keroslian, le maire d’Onet-le-Château. “Mais nous avons la chance d’avoir une diversification sur le décolletage (qui marche bien, même très bien et qui va prospérer), les activités de consulting (qui représentent une petite partie), le diesel (qui va quand même perdurer un certains temps et plus longtemps qu’on le croit parce qu’il y a des pays qui sont intelligents et qui ne le mettent pas à la poubelle spontanément), et il y a enfin, le fait qu’on peut avoir d’autres activités qui s’implantent et j’espère que c’est là que Bosch va jouer le jeu.”      

Abandon de l’accord de 2022

Il y a 2 ans, la direction française de Bosch signait un accord avec les syndicats. Cet accord devait pérenniser le site et maintenir 513 emplois, grâce au projet Fresh 2, une pile à combustible pour des camions frigorifiques. Un projet finalement abandonné cet été. 

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Aujourd’hui, les élus aveyronnais attendent des propositions solides. “En Aveyron, une parole est une parole, à plus forte raison lorsqu’elle est écrite”, assure Jean-Philippe Keroslian, le maire d’Onet-le-Château. “Je ne peux pas croire que le groupe Bosch qui est un groupe qui se dit particulièrement respectueux de l’éthique, qui se dit soucieux des valeurs élémentaires d’une bonne société ne respecte pas ses engagements. Nous y serons fermement attachés dans la mesure où tout le monde jouera le jeu.” Un optimisme partagé par le président de Rodez Agglomération. “Il ne faut quand même pas qu’ils oublient que l’Etat a payé le chômage partiel pendant longtemps, que Rodez agglomération a financé à hauteur de 8 millions d’euros la zone d’activité”, insiste Christian Teyssèdre. “Je pense qu’à minima ils doivent tenir compte de cela et se réinvestir dans l’outil industriel sur place.”

513 salariés dans l’attente

Depuis l’abandon du projet Fresh 2, salariés et syndicats oscillent entre inquiétudes et espoirs d’un nouveau projet. “Notre demande”, confirme Lionel Issalys, le délégué syndical CFE-CGC. “C’est un respect, par rapport à l’accord, que ces produits soient hors moteur thermique puisqu’on nous avait dit, au moment de la signature de l’accord en 2021, que pour la survie du site il fallait qu’on sorte de ça.” 770 salariés travaillent encore aujourd’hui à la Bosch de Rodez. “Il y a différents projets, de toutes manières, nous, nous n’avons pas fermé la porte à ce qu’on ait des activités qui soient même hors des véhicules, argue Cédric Belledent, le délégué syndical SUD. “Il y a d’autres activités qui sont faites, qui sont faites dans d’autres sites en Europe, dans le monde. Nous on pense que l’Allemagne, avec 400 000 emplois, peut trouver une activité pour minimum 250 personnes pour transformer notre site.”

Ce lundi, élus et direction de Bosch se réuniront en préfecture. Les salariés et leurs syndicats devront patienter jusqu’au lendemain pour avoir des réponses. Il en va de la survie du site.