Sécheresse. Après un été 2022 de tous les records, quelles solutions pour avoir assez d’eau potable ?

Avec 10.500 habitants, la communauté de communes de l’Aubrac vient de traverser un été marqué par le manque d’eau, et la canicule. Les acteurs locaux veulent garantir à tous l’accès à l’eau potable. Entretien avec Jean Valadier, le président.

Jeudi 25 janvier, le conseil communautaire de la zone Aubrac Carladez Viadène s’est réuni à Mur-de-Barrez (Aveyron). Objectif : réfléchir à une politique plus pérenne pour protéger les stocks d’eau potable. De nouveaux équipements pour renforcer le réseau d’eau potable sont attendus d’ici fin 2023. Jean Valadier, président de la communauté de communes de l’Aubrac, analyse cette situation. 

France 3 Occitanie : Comment qualifieriez-vous l’été 2022 dans l’Aubrac ? 

Jean Valadier, président de la communauté de communes de l’Aubrac : Nous avons traversé un épisode de sécheresse inédit, comme d’autres régions de France. J’étais à Toulouse la semaine dernière et j’ai été très surpris par le niveau encore très bas de la Garonne. Aujourd’hui encore, après cet épisode complètement inédit, la ressource en eau reste fragile. 

Aujourd’hui encore, après cet épisode complètement inédit, la ressource en eau reste fragile. 

Jean Valadier, président de la communauté de communes de l'Aubrac

Cet été, pour éviter le manque d’eau, on s’est retrouvé à faire tourner 250 camions qui ont amené de l’eau à nos habitants. On a eu peur que les terres d’élevage et les exploitations agricoles manquent d’eau. Dans l'Aubrac, c’est même du jamais-vu chez nous parce que c’est une ressource qui était largement suffisante pour l'usage commun lorsque la météo était clémente. Aujourd'hui, on sent bien qu’il y a une évolution radicale d'un point de vue climatique. 

France 3 Occitanie : Quelles leçons tirez-vous de “cet épisode inédit” ? 

Aujourd’hui, nous devons mettre en place un certain nombre d’actions et de mesures pour protéger et sécuriser cette ressource. Avec le conseil communautaire de l’Aubrac, nous sommes dans une réflexion, avec nos partenaires - agences de l’eau, état - pour trouver des solutions afin de sécuriser cette ressource. On a engagé une étude de grande ampleur sur la communauté de communes. D’une part, on veut faire le diagnostic de la ressource disponible, comprendre comment elle fonctionne précisément. On va identifier toutes les sources, tous les points, tous les captages tels qu’ils sont aujourd’hui organisés. On a besoin d’avoir des données quantitatives. Ça va nous permettre d’imaginer les solutions techniques pour mieux préserver l’eau. 

France 3 Occitanie : Avez-vous déjà des pistes pour y parvenir ? 

Plusieurs champs sont évoqués aujourd’hui :  on veut aussi d’abord le gaspillage, on demande aux gens d’être responsables. Et ils le sont. On doit aussi arriver à lutter contre les fuites d’eau potable. Notre réseau est très dense, avec de longues dimensions et qui traverse des vallées des collines sur des centaines et des centaines de kilomètres. Par endroit, les installations sont très vétustes. Elles cassent et il y a des pertes considérables. 

France 3 Occitanie : Que représentent les fuites d’eau potable sur l’ensemble de votre réseau ? 

Pour l'année 2022, notre réseau a enregistré de 25 à 40% de fuite d’eau potable selon les zones. Quand on a 75% d'efficacité c’est bien, très bien même, mais on continue de lutter pour réduire les pertes. On les cherche, on les identifie et on essaie d’y mettre fin. On essaie aussi d’établir des réseaux d’interconnexions pour mieux identifier les zones.

France 3 Occitanie : Comment expliquez-vous que les fuites soient aussi courantes sur le réseau ? 

Auparavant, on ne manquait jamais d’eau. Alors peut-être que tout cela était traité de manière un peu plus superficielle. Aujourd’hui, ce sont des enjeux essentiels. Lorsque nous travaillons avec un prestataire, Suez ou Veolia, nous exigeons de leur part un niveau de rendement qui soit supérieur à 70% sur nos territoires ruraux. 

France 3 Occitanie : Comment faire pour mieux stocker l’eau potable ? 

On essaie de mener des réflexions pour rechercher et avoir accès à une ressource que l’on dit “robuste”. C’est-à-dire d’une réserve de grande ampleur. Nous sommes traversés par la vallée de La Truyère. Plusieurs barrages hydroélectriques y sont installés. Pourquoi ne pas nous appuyer sur cette ressource robuste pour transformer l’eau de la rivière en eau potable ? 

Au regard des enjeux écologiques et financiers, toutes les solutions doivent être étudiées.

Jean Valadier, président de la communauté de communes de l'Aubrac

France 3 Occitanie : Vous réfléchissez aussi aux moyens dont vous disposez pour stocker cette ressource ? 

J.V : On parle beaucoup des bassines même si je n’aime pas ce terme, c’est parfois une solution dans un cadre réglementaire le temps de passer les périodes d’étiage. Au regard des enjeux écologiques et financiers, toutes les solutions doivent être étudiées. C’est uniquement comme cela que l’on pourra mieux envisager et anticiper les grandes difficultés à venir. On doit être lucides sur les difficultés qui nous attendent. 

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