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''Si Bosch disparaît de l'Aveyron c'est comme si on supprimait Airbus en Haute-Garonne''

Blocage de l'usine Bosch à Onet-le-Château lundi 19 mars. / © Rouzane Avanissian
Blocage de l'usine Bosch à Onet-le-Château lundi 19 mars. / © Rouzane Avanissian

Le diesel n'a plus la côte et c'est tout le département de l'Aveyron qui retient son souffle. Ce samedi, à Onet-le-Château, où se trouve un site Bosch en difficulté, une "grande marche" pour la défense de la filière est organisée.

Par J.V

"Si Bosch disparaissait, l'impact serait pour l'Aveyron comme si on supprimait Airbus en Haute-Garonne", lance Jean-Philippe Keroslian. Sur les réseaux sociaux, le maire (DVD) d'Onet-le-Château, est très actif sur le sujet.

"En 10 ans, c'est 700 emplois qui ont été perdus", rappelle David Gistau, le secrétaire de l'UD CGT, l'un des organisateurs de la manifestation, qui prépare drapeaux et banderoles pour la marche solidaire prévue ce samedi à 14 heures dans les rues d'Onet-le-Château. Dans la petite ville, les habitants l'appelle "La Bosch", l'usine est ainsi passée de 2.300 à seulement 1.600 salariés aujourd'hui.
 

Tout un territoire mobilisé


 "L'union sacrée" qui s'est créée ces derniers mois dans la zone pour défendre cette "industrie vitale" met un peu de baume au coeur des syndicalistes.  Car, s'il est surtout connu pour le roquefort, ce département rural d'Occitanie est également voué à l'industrie automobile et compose avec le Lot, la Corrèze et la Haute-Vienne "le cluster de la Mecanic vallée".

Autour de l'intersyndicale (CFE-CGC, CGT, SUD) Bosch se sont greffés les élus territoriaux et nationaux, et ceux des chambres consulaires. Tous vont se retrouver ce samedi pour battre le pavé et défendre les 2.200 salariés de la filière automobile, "Bosch mais aussi Sogefi à Marcillac et Jinjiang-Sam à Viviez".
 

Le diesel n'a plus la côte


Le marché du diesel qui représentait en 2012 près des trois quarts du marché automobile français est tombé en 2017 à 48%.  Début 2018, Bosch propose alors d'investir 14 millions d'euros sur le site de Rodez, pour moderniser l'une des deux lignes de production et l'adapter à la nouvelle génération d'injecteurs pour moteur diesel. 

En contrepartie, le premier équipementier automobile mondial demande la signature d'un "accord de compétitivité" qui réduit notamment les heures travaillées et propose la recherche de pistes de diversification dans l'horlogerie, l'aéronautique, ou le médical.

Pour pallier la perte d'une ligne de production, la direction "s'est séparé des intérimaires et a imposé aux salariés des prendre des jours de RTT", détaille Jacques Douziech de la CFE-CGC. Mais en 2018, la poursuite de l'érosion du marché du diesel, tombée à 39% des ventes, ravive les inquiétudes.

Plus question de regagner des parts de marché, l'enjeu est "d'essayer de maintenir l'étiage actuel", relève M. Keroslian. "C'est à cette condition que l'on peut gagner quatre ou cinq  ans", délai nécessaire pour créer d'autres activités et "pérenniser le site", explique l'édile.
 
La demande aux pouvoirs publics est "que les diesel modernes soient dotés de la vignette crit'air 1 qui reconnaîtrait leur caractère peu polluant", martèle-t-il.
 

Patriotisme économique 


Le maire de Onet-le-Château souhaite également que "comme en Allemagne", le gouvernement demande aux constructeurs français de faire preuve "de patriotisme économique" et d'acheter au moins "20% des composants" sur le marché national.

Pour sa part Christian Teyssèdre (PS) le maire de Rodez, ne décolère pas après avoir rencontré courant mars la direction du groupe à Stuttgart, au sein d'une délégation."Il n'y a aucune avancée sur la diversification. Ils ont confirmé 30 millions d'investissements pour cela, sauf que derrière on ne voit pas dans quoi il vont les mobiliser". "Je suis choqué que le groupe Bosch investisse énormément en Allemagne et que Rodez n'ait rien", déplore le maire.

Entre-temps, Heiko Carrie, le président de Bosch France, vient d'annoncer un investissement de 1,4 millions d'euro pour la production de
barres de torsion dès 2020. Une activité qui donnerait du travail à une vingtaine de salariés. Côté syndical on reste prudent, estimant qu'il s'agit juste d'un "petit geste" alors que que "Bosch doit rencontrer le 17 avril le "Monsieur industrie" du gouvernement pour renouveler la convention de chômage partiel", analyse David Gistau.
 

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