Coronavirus : les pères peuvent-ils se rendre à l'accouchement de leur compagne en Occitanie ?

Le centre hospitalier de Purpan (Toulouse) fait partie de ceux qui pour l'instant, autorisent des dérogations pour permettre aux futurs papas d'assister à l'accouchement de leur compagne. / © Maxppp / Bénédicte Dupont
Le centre hospitalier de Purpan (Toulouse) fait partie de ceux qui pour l'instant, autorisent des dérogations pour permettre aux futurs papas d'assister à l'accouchement de leur compagne. / © Maxppp / Bénédicte Dupont

Toutes les visites sont interdites dans les centres hospitaliers de France à cause du Coronavirus. Dans la région Occitanie, certains hopitaux accordent des dérogations pour pemettre aux futurs pères de voir leur enfant naître.

Par Karen Cassuto

"Une future maman desespérée". Ces mots sont ceux d'Amandine. La signature d'un mail alarmant reçu à la rédaction de France 3 Occitanie. Dans son message, Amandine s'inquiète. Son mari ne serait pas autorisé à assister à son accouchement. La cause, toujours la même ces derniers temps : le Coronavirus.

Les papas ne sont plus acceptés ni en salle de naissance, ni au cours du séjour en maternité, s'inquiète cette future maman.


Amandine dénonce un "manque d'humanité". Le couple attend son premier enfant d'ici à la fin du mois de mars.


Avant la fin du confinement, aucune famille ne rencontrera les nouveaux-nés

Marius et Sirine, eux, attendent leur premier enfant d'ici une semaine. A Toulouse, la clinique privée Rive Gauche où Sirine doit accoucher, leur confirme que Marius pourra être présent sous réserve qu'il ne présente pas de toux, ni de fièvre. A ce jour, il va bien. Le couple espère donc que leur bébé pointera le bout de son né le plus rapidement possible.
"De toute façon, l'accouchement sera déclenché si notre fils n'arrive pas à terme, pour éviter la surcharge de la clinique" précise Marius. Sirine, elle, s'inquiète. Si son conjoint attrape ne serait-ce qu'un rhume, elle devra effectuer son premier accouchement toute seule. Pendant ce confinement, elle fait des séances de yoga en espérant que son bébé arrive le plus rapidement possible.

Pour le futur papa, le plus difficile reste de savoir que leurs familles ne verront l'enfant qu'après son premier mois de vie.

On a de la chance de ne pas vivre dans une région plus touchée, remarque Marius.


Des hôpitaux d'Occitanie acceptent, à ce jour, les dérogations

Même constat à l'hôpital de Rodez (Aveyron). "Etant donné que nous ne faisons pas partie, à ce stade, des zones où le virus circule le plus, nous acceptons les dérogations" précise le service de communication du centre hospitalier de la ville de Rodez. Pour l'heure, les visites sont interdites. Dans les salles d'accouchement, sous réserve de ne présenter aucun symptômes, seuls les pères peuvent être présents. Au service maternité, les couples sont priés de s'en tenir aux règles strictes de confinement.

Pas question pour les pères de faire des allers-retours dans les couloirs pour aller prendre un café, précise l'hôpital, qui se réserve la possibilité d'interdir l'accès aux conjoints si ces normes ne sont pas respectées. 

A la clinique toulousaine Ambroise Paré, la même condition est appliquée. La maternité rappelle néanmoins qu'elle s'adapte à l'évolution de la situation. Si les blocs débordent par exemple, elle demandera aux conjoints de rentrer chez eux. La situation et les autorisations changent en fonction du Coronavirus.

Au centre hospitalier de Cahors le futur papa est autorisé à être présent en salle de naissance et pendant le séjour "dans la mesure où il respecte strictement les mesures barrières mises en place" précise le service de communication de l'hôpital.

Des décisions sont prises à la fois par l'Agence Régionale de Santé, et par le réseau de périnatalité du CHU de Purpan détaille Gérard Reysseguier, directeur général de la clinique toulousaine Rive Gauche qui accueille 4 000 accouchements chaque année. Il se réjouit d'une coordination départementale qui fonctionne bien.

La conduite évolue très vite, d'heure en heure, rappelle Gérard Reysseguier.

Ce 19 mars, les conjoints sont acceptés pendant l'accouchement et à la maternité de la clinique Rive Gauche. "Mais chaque établissement adapte sa conduite en fonction de sa structure", précise le directeur. "Avec toujours l'objectif que pour les parents, ce soit toujours un aussi beau moment" fait-il remarquer.

Aux dernières nouvelles, le CHU de Purpan autorise les dérogations pour que les conjoints assistent à l'accouchement de leur compagne, mais interdiction totale de mettre les pieds à la maternité ou de rendre visite à sa femme et son bébé. La mère et l'enfant doivent rester seuls dans leur chambre pour éviter toute contamination extérieure.
 

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