Culture en danger : Réactions des professionnels d'Occitanie au plan d'aide d’Emmanuel Macron

Aujourd’hui, Emmanuel Macron s’est transformé en ministre de la culture. Il a lui-même annoncé des mesures pour sauver le monde de la culture à l’agonie durant cette période de confinement liée au Coronavirus. Comments sont-elles perçues par les acteurs culturels en Occitanie?
Bye-bye Jazz à Junas ! C'est le dernier en date ; Chaque jour amène une annulation de festival. Les théâtres, les cinémas et les musées sont fermés. Le monde de la culture connait un été meurtrier. Depuis le début du confinement, les artistes, les intermittents du spectacle, ceux qui donnent vie à la culture se sentent oubliés. Ils attendaient avec impatience des mesures se sauvetage. Mercredi 6 mai, en bras de chemise, c’est Emmanuel Macron qui s’est chargé de les annoncer. Quelles sont les réactions en Occitanie, deuxième région métropolitaine pour le nombre de manifestations culturelles et festivals.

En Occitanie, près de 70 000 emplois liés à la culture.


Luc Miglietta est intermittent du spectacle, comédien, mais aussi responsable de "La Friche de Mimi", association implantée à Lavérune près de Montpellier et laboratoire du spectacle vivant.
 
 
Oui aux mesures d’aide pour le statut des intermittents


 Reporter la date anniversaire des intermittents jusqu’à fin Aout 2021 est une bonne idée. Cela leur permet de conserver leurs droits un an de plus 

Selon Luc Miglietta, "l’annonce d’Emmanuel Macron ne dit pas comment l’indemnité va être calculée. Dans la mesure où tous les organisateurs de festivals n’ont pas pu proposer le chômage partiel aux intermittents, et leur assurer 70% de leurs revenus, certains artistes ou techniciens seront faiblement indemnisés".

Repenser les spectacles

"Dans la mesure où les perspectives de reprise restent aléatoires, il est difficile pour les intermittents de faire une croix sur des mois, voire des années de préparation. " Luc Miglietta conçoit des créations à haute teneur humoristique; il s’imagine mal un spectacle réalisé en fonction de la distanciation sociale.

 Mon jeu est très interactif, je fais souvent monter du public sur scène… Dans un futur proche, si je ne peux plus l’envisager, ce sera très frustrant 
 

Une scène d’amour distanciée…ça donne quoi?



Denis Lafaurie est le directeur du "Cratère, scène nationale d’Alès" dans les Cévennes gardoises.

Pour lui, la culture a été la grande oubliée de la crise du coronavirus :  "Même si le chef de l’état avance des propositions salutaires comme l’aide aux intermittents, d’autres idées sont complexes à mettre en oeuvre."

Effectivement, Emmanuel Macron ambitionne d’inventer un autre rapport avec le public, un public peut-être un peu moins nombreux.

 Le chef de l’état nous demande de réinventer notre saison alors qu’elle est déjà prête! 

Pour le directeur du "Cratère d'Alès", ces changements impliquent une façon radicalement différente de penser un spectacle : "des répétitions où les comédiens jouent à 3 mètres les uns des autres, une scène d’amour distanciée, ce n’est pas dans notre imaginaire."
 


Difficile de redémarrer la machine


Entre sa saison amputée et le festival "Cratère-surfaces" annulé, la scène nationale d’Alès a du déprogrammer 95 représentations. Annulés ou reportés,  de nombreux spectacles figurent désormais au programme de la saison 20/21.

"Si on doit se réinventer, ce sera pour la saison 21/22. En attendant la machine aura du mal à redémarrer, même si notre public nous soutient. Aujourd’hui, il a la possibilité de ne pas demander le remboursement d’un spectacle annulé mais un avoir pour la saison future !"


Accompagner les structures indépendantes


Emmanuel Macron a affiché sa volonté d’accompagner les petites structures ( festivals ou compagnies ) "qui font la richesse de notre tissu culturel" !  Qu'en pense Louis Martinez, directeur artistique du  festival "Jazz à Sète"   ,  événement géré par une association ?

 


Nous avons besoin d’une aide, qu’elle soit nationale ou municipale 


Selon le fondateur de "Jazz à Sète", les entrées du festival représentent 65% de son budget. Sans ces recettes, les dix personnes qui travaillent pour le festival ne peuvent compter que sur les subventions de la mairie et de la région. Ces dotations permettent de tenir, au mieux, jusqu’au mois de septembre.

"Le public nombreux apprécie le festival pendant 10 jours, mais notre travail se situe en amont, pendant 7 mois. Pour cela, nous devons fonctionner toute l’année avec des charges, qui - elles - sont fixes."

Louis Martinez espère juste que ces mesures d’accompagnement seront bien réelles.

 
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