Déconfinement : "on ne peut rouvrir en un claquement de doigts", les cinémas de Montpellier et Nîmes dans l'incertitude

Selon Le Canard Enchaîné, les cinémas et les théâtres pourraient rouvrir leurs portes dès le 17 mai, sous conditions. À ce sujet, le Premier ministre est resté prudent dans son allocution jeudi soir. À Montpellier et à Nîmes, les gérants de cinémas réclament de la clarté pour pouvoir s'organiser.

Les salles de cinéma pourraient rouvrir à la mi-mai.
Les salles de cinéma pourraient rouvrir à la mi-mai. © France Télévisions.

Sur la façade du cinéma Le Diagonal à Montpellier, les affiches de films n'ont pas été changées depuis des mois. Une grande banderole "Le printemps est inexorable", en référence au mouvement des acteurs de la culture en colère, a été placardée sur le bâtiment. 

Comme partout en France, les six salles du "Diago" ont fermé leurs portes à l'automne 2020 sur décision gouvernementale. Alors que les gérants de salles de cinéma prévoyaient de rouvrir fin 2020 - début 2021, leurs espoirs ont été anéantis par l'arrivée de la troisième vague de Covid-19 dans l'Hexagone, puis par le nouveau confinement partiel de la population. 

Une réouverture le 17 mai ?

Mais la situation pourrait prochainement évoluer. Alors que le pays se prépare à un déconfinement progressif, à commencer par la levée des restrictions de circulation le 3 mai, le gouvernement espère autoriser la réouverture des terrasses et des lieux culturels à la mi-mai. Cette mesure reste hypothétique et ne s'opèrera que "si la situation sanitaire le permet", a rappelé Jean Castex dans son allocution jeudi soir. Prudence donc.

Pourtant, il y a quelques jours, une date semblait arrêtée. Selon Le Canard Enchaîné, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot aurait obtenu le feu vert pour une réouverture des cinémas et des théâtres le 17 mai. Mais pas sans conditions : l'accueil du public serait soumis à "une jauge de 35% d’occupation des salles, qui pourrait s’élever à 65% trois semaines plus tard" en fonction de l'évolution de l'épidémie, précise l'hebdomadaire.

Au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce vendredi, la ministre ne confirme pas ces pourcentages. Elle assure toutefois que "la réouverture se fera de manière progressive et avec un respect strict des mesures de précaution.".

Roselyne Bachelot ne se dit pas fermée à un redémarrage territorialisé du milieu de la culture. A contrario, elle est très sceptique sur l'élaboration d'un "pass sanitaire" permettant l'accès aux lieux culturels. "J’avoue que j’ai beaucoup de mal", a-t-elle déclaré. 

La profession reste dans le flou

Faut-il se préparer à une réouverture dans trois semaines ? À ce sujet, les cinémas restent dans l'incertitude et attendent des éclaircissements.
À Montpellier, le directeur du Diagonal Charlie Pereniguez parle d'une "bonne nouvelle", qui reste cependant "un peu précipitée" selon lui.

Si on reste sur un couvre-feu à 19 heures et qu'il faut qu'on supprime les séances de 18 heures, 20 heures et 22 heures, on n'est plus que sur la moitié de notre programme. Et avec cette possible jauge limitée à 35 %, si on n'est que sur la moitié des séances et le tiers de la salle, ça commence à devenir compliqué de trouver un équilibre financier.

Charlie Pereniguez, directeur du cinéma Le Diagonal Montpellier.

Au-delà de la question économique, la préparation de la reprise est aussi en jeu. Et c'est bien ce qui inquiète Jean-Sylvain Minssen, à la tête du cinéma Le Sémaphore à Nîmes. "Remettre la machine en route pour le 17 mai, ça veut dire qu'il faut que je commence à bosser dès aujourd'hui", alerte-t-il. Pour que son établissement fonctionne, il est en effet nécessaire de réactionner tous les leviers. 

Projections de presse, affichistes pour sortir les films, critiques : ça prend du temps de solliciter de nouveau la filière ! On ne peut pas rouvrir en un claquement de doigts. Donc qu'on arrête de nous dire des choses si elles ne sont pas sûres.

Jean-Sylvain Minssen, responsable du cinéma Le Sémaphore à Nîmes.

En attendant une annonce officielle, la profession semble unanime sur un point : la réouverture des salles obscures pourra difficilement être territorialisée, la couverture des films ne pouvant se faire qu'à l'échelle nationale. 

 

 

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