Enterrement du terroriste de Carcassonne : le précédent Mohammed Merah à Toulouse

29 mars 2012 : enterrement de Mohamed merah à Cornebarrieu / © AFP PHOTO / ERIC CABANIS
29 mars 2012 : enterrement de Mohamed merah à Cornebarrieu / © AFP PHOTO / ERIC CABANIS

Alors que des voix s'élèvent pour s'opposer à l'enterrement de Redouane Lakdim dans l'Aude, retour sur l'épisode qui avait marqué les obsèques de Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012. 

Par Fabrice Valery

L'ancien maire PS de Carcassonne Jean-Claude Perez s'oppose à l'enterrement du terroriste Redouane Lakdim dans la ville ou à proximité, craignant de voir sa sépulture devenir un lieu de pèlerinage pour d'éventuels apprentis-jihadistes.

La décision d'enterrer le terroriste dans la ville où il résidait et où se trouve sa famille n'a pas encore été prise. Pourtant, une pétition circule déjà pour s'y opposer, qui avait recueilli 5000 signatures ce lundi soir. 

Légalement, stipule l'article L. 2223-3 du code général des collectivités territoriales, un maire ne peut pourtant pas s'opposer à une demande d'enterrement sur la commune si : 
  • la personne est décédée sur le territoire de la commune
  • la personne y était domiciliée (et même si elle est décédée sur une autre commune)
  • la famille du défunt a déjà une sépulture sur la commune (même si le mort n'y résidait pas où n'y est pas décédé). 
En résumé, Redouane Lakdim pourrait être inhumé à Carcassonne, où il résidait, ou à Trèbes, où il est mort.

Toutefois, le maire peut tout de même s'opposer à une demande d'inhumation en raison des intérêts publics ou de risque de trouble de l'ordre public. Une décision qui doit être motivée et argumentée.


En 2012, la question a été soulevée au moment de l'inhumation de Mohammed Merah à Toulouse. Alors que l'Algérie, où réside son père et où la famille souhaitait qu'il soit enterré, s'était opposée au transfert de la dépouille du terroriste, abattu par le raid le 22 mars 2012, arguant qu'il s'agissait "d'une affaire franco-française".

Le maire PS de Toulouse, Pierre Cohen, avait alors fait savoir qu'il trouvait l'inhumation de Merah sur le territoire de la commune "pas opportune". Après le dépôt d'une demande d'inhumation par la famille, il avait pris la décision de reporter les obsèques de 24 heures. Demandant à l'Etat de prendre ses responsabilités.

L'émotion était à son comble après les 10 jours d'angoisse et de terreur et les 7 morts que Merah avait froidement abattu à Montauban et à Toulouse. Le tout en pleine campagne présidentielle.

Finalement, c'est Nicolas Sarkozy, président de la République, qui avait mis fin à la polémique. Exigeant que Mohammed Merah soit enterré à Toulouse et que l'on tourne rapidement cette page. 

Le 29 mars 2012, Mohammed Merah était donc mis en terre dans le carré musulman du cimetière de Cornebarrieu, près de Toulouse, accompagné par ses amis et proches, parmi lesquels son beau-frère par alliance Sabri Essid, depuis tué en Syrie. 

La tombe de Merah n'est jamais devenue un lieu de pèlerinage. Il faut dire que lors des premiers mois qui ont suivi ses obsèques, une surveillance étroite de sa sépulture a été organisée par les services de renseignements. Chaque visiteur s'en approchant étant identifié et enregistré.

Le lieu est anonyme. La tombe de Merah ne porte pas de nom, ni aucune autre mention. 

Sur le même sujet

Aude : la pyrale du buis cause de nombreux dégâts

Les + Lus