Double infanticide à Beaucaire : irresponsabilité pénale pour l'auteur des actes, pas de procès devant les Assises

Ce mardi 28 septembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes a retenu l'irresponsabilité pour Emmanuel Hernandez, qui a tué ses deux enfants en août 2019 à Beaucaire dans le Gard. L'un des avocats de la partie civile a annoncé se pourvoir en cassation de la décision.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes a tranché ce mardi 28 septembre. L'irresponsabilité pénale a été retenue concernant Emmanuel Hernandez, auteur d'un double infanticide sur ses deux enfants dans la nuit du 2 au 3 août 2019 à Beaucaire (Gard). L'abolition du discernement au moment des faits a été retenue, notamment après les expertises de cinq psychiatres. Il n'y aura pas de procès aux Assises. 

"On s'y attendait. C'était une décision prévisible. Mais c'est terrible pour cette mère", a réagi Me Rémy Nougier, l'un des avocats de la mère des victimes. "C'est comme s'il ne s'était rien passé pour cette mère. Elle a été malmenée par les institutions policière et judiciaire. Il va falloir qu'on lui explique qu'il n'y aura pas de procès, que ce monsieur est déclaré fou alors qu'elle a la conviction et c'est la notre aussi qu'il est manipulateur.".

Nous estimons qu'il y a une incompatibilité certaine entre la preméditation et un coup de folie instinctif.

Me Rémy Nougier, avocat des parties civiles.

Rémy Nougier a annoncé se pourvoir en cassation de la décision. "Nous avons décidé de continuer le combat que l'on doit à cette mère. On veut démontrer que cette expertise était parfaitement justifiée. Nous estimons qu'il y a une incompatibilité certaine entre la preméditation et un coup de folie instinctif. Le dessein criminel était préparé avec une minutie extraordinaire et effrayante, tout était préparé et calculé."

Actuellement hospitalisé dans une unité psychatrique, Emmanuel Hernandez a l'interdiction de vivre dans le Gard et les Bouches-du-Rhône durant 20 ans.

Les faits

Le samedi 3 août 2019, deux enfants, Marie, 5 ans, et Vincent, 7 ans, sont retrouvés morts dans la campagne de Beaucaire, sur la montée du Calvaire. Entre les deux cadavres se trouve le père, Emmanuel Hernandez, transporté au CHU Carémeau de Nîmes en urgence absolue. Des anxiolitiques, des somnifères, un tensiomètre, un santon en forme de vierge et des livres sur le mauvais sort (selon Midi Libre) sont retrouvés à proximité des corps. L'homme a tenté de se suicider.

M. Hernandez est placé en garde à vue. S'il n'avoue les faits, le quadragénaire ne les nie pas. Il est mis en examen pour assassinats et écroué. Le procureur de la République de Nîmes, Eric Maurel, explique dans une conférence de presse le 5 août 2019 que "les enfants sont décédés d'un phénomène d'asphyxie" et que "des éléments trouvés sur place prouvent la préméditation".

La mère des deux enfants tués espère un procès

Les parents des deux enfants étaient séparés et le père bénéficiait d’une garde alternée. La mère fait l'objet d'un soutien psychologique et le parquet a requis l'association d'aide aux victimes AGAVIP pour lui porter aide et assistance. Elle se constitue partie civile pour "essayer de comprendre ce qu'il s'est passé", explique l'un de ses avocats, Me Rémy Nougier, qui affirme qu'elle avait déposé "plusieurs mains courantes" les mois précédant le drame.

Le 10 août 2019, une marche blanche organisée en hommage aux deux enfants tués rassemble plus de 200 personnes. Le cortège part des Arènes de Beaucaire et termine sa marche au commissariat de Tarascon, où la mère de famille dit avoir déposé des mains courantes. 

Le 11 février 2021, le procureur de la République de Nîmes annonce qu'Emmanuel Hernandez est jugé non-responsable après trois expertises psychiatriques. "Personne ne peut accepter ça. On tue tes deux enfants et on te dit que celui qui a fait ça est fou", déclare la mère au micro de RMC le 18 février. Elle a décidé de porter plainte contre X pour non-assistance à personne en danger, estimant avoir déposé cinq plaintes. 

Puis deux autres experts psychiatres ont rencontré Emmanuel Hernandez et ont estimé de nouveau qu'il n'était pas responsable de ses actes. Ce qui a fait pencher la balance vers une irresponsabilité pénale de l'auteur de ce double infanticide.

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