Camargue : la faune et la flore se reconstituent grâce à l'agriculture biologique

Il y a 2 ans, Alpina Savoie, entreprise française produisant des pâtes et du riz entièrement bio, a diligenté une étude sur plusieurs parcelles en Camargue. D'après les premières observations, les libellules foisonnant dans les champs sans pesticides ont permis le retour de grands oiseaux rares.

Une parcelle humide Camargue - 2020.
Une parcelle humide Camargue - 2020. © F3 LR
Le projet démarre il y a deux ans, bien loin de nos terres camarguaises. L'entreprise Alpina Savoie, spécialisée dans la production de pâtes et de riz issue de l'agriculture biologique, cherche un moyen de rentabiliser l'agriculture biologique en mettant à profit les propriétés des territoires.
"Après plusieurs recherches, nous avons trouvé des propriétés très intéressantes au territoire de la Camargue" explique Jean-Philippe Lefrançois, directeur général du groupe.

Sur ce territoire, la terre est déjà humide, et les libellules font le travail des pesticides. Nous avons donc décidé de produire 95% de nos céréales bio sur ce territoire, en compagnie des agriculteurs et des chercheurs locaux.

La libellule de Camargue est de retour dans les parcelles humides - 2020.
La libellule de Camargue est de retour dans les parcelles humides - 2020. © F3 LR

Le bio ou le retour d'un écosystème régulé naturellement

Depuis deux ans, plusieurs chercheurs de la Tour du Valat se rendent tous les jours sur les cultures de riz et de blé dur. L'institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes observent et compilent les évolutions de la faune et de la flore sur les parcelles cultivées dans le Gard et les Bouches-du-Rhône.

Dans les parcelles de blé bio surveillées, la faune est inspectée et répertoriée régulièrement avec soin.
Pierre Malet, doctorant de 23 ans, porte une attention toute particulière aux insectes. "Tout est réuni pour qu'il y ait un beau développement. Ici, les insectes s'autorégulent" explique le jeune chercheur.

Chaque proie à son prédateur naturel, et aucune espèce ne prolifère, comme cela pourrait arriver en agriculture conventionnelle.

Thomas Galewski, chef de projet à la tête de cette étude, observe notamment l'abondance d'oiseau dans les zones agricoles biologiques. "Nous avons des sternes, des échasses, des mouettes rieuses... énormément d'espèces qui viennent se nourrir ici. Il est trop tôt pour avancer des chiffres, et dire que la population explose dans ces parcelles gérées durablement. Ce qui est certain, c'est qu'à vue d'oeil, il y a beaucoup plus de grands oiseaux."

Le retour de ces animaux n'est pas sans contrepartie : l'agriculture biologique, à parcelle égale, produit 40% de céréales en moins que l'agriculture conventionnelle. Une perte qui se ressent sur le prix des aliments : comptez en moyenne 4€ de plus par kilo de pâtes, si ce dernier est bio et originaire de Camargue.
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