Déchets ménagers et coronavirus : le risque du grand retour du plastique pour les adeptes du 0 déchet

Ces derniers temps, vous avez peut-être remarqué ces petits emballages supplémentaires sur vos produits frais. Plébiscités par certains, décriés par d’autres. Dans le Gard, l’association Lulu Zed, adapte du 0 déchet craint un retour en arrière des bonnes volontés.

Ces derniers temps, vous avez peut-être remarqué ces petits emballages supplémentaires sur vos produits frais. Plébiscités par certains, décriés par d’autres. Dans le Gard, l’association Lulu Zed, adapte du 0 déchet craint un retour en arrière des bonnes volontés.
Ces derniers temps, vous avez peut-être remarqué ces petits emballages supplémentaires sur vos produits frais. Plébiscités par certains, décriés par d’autres. Dans le Gard, l’association Lulu Zed, adapte du 0 déchet craint un retour en arrière des bonnes volontés. © N. Creach / Maxppp
A l’origine du phénomène la mise en avant des mesures sanitaires. D’après la présidente d’Elipso Françoise Andres (représentant des fabricants d’emballage plastique) "l’emballage garantit un effet barrière, c’est la première protection des produits. La préservation des conditions sanitaires est aujourd’hui, encore plus qu’hier, primordiale".

Pour des mesures d’hygiène on m’a fait remplacer la barquette habituelle en carton par une barquette fermée en plastique (producteur de fraises)


Dans ce contexte, Jean-Marie Iznard , producteur de fruits à Vauvert (Gard) a dû s’adapter pour répondre aux exigences d’un de ses clients (réseau de distribution ) qui achète ses fraises : "pour des mesures d’hygiène on m’a fait remplacer la barquette habituelle en carton par une barquette fermée en plastique avec couvercle transparent (flow pack)". Le producteur confirme un faible impact sur le coût d’emballage. Néanmoins, il espère que ces nouvelles contraintes ne deviennent pas systématiques, en particulier pour les fruits qui vont bientôt être commercialisés : "avec des pêches, cela pourrait devenir plus complexe à gérer et donc cela me coûtera plus cher".

Le choix des produits responsables


Selon une étude de consommation OpinionWay réalisée pour Max Havelaar en avril 2020, si 35% des Français affirment choisir selon la disponibilité, deux français sur trois font le choix de produits responsables. Les Français sont désormais nombreux à privilégier :
- des produits locaux ou de leur région (45%),
- des produits made in France (39%),
- des produits bio (29%)
- des produits sans emballages ou avec des emballages limités (15%),
- des produits à la fois bio et commerce équitable (14%)
- des produits issus du commerce équitable (10%).

Les fabricants d’emballage à destination de l’alimentaire vendu en grande distribution connaissent une hausse d’activité comprise entre 10 et 30%.(sources Elipso)  

Bête noire des adeptes du 0 déchet

Ces emballages supplémentaires sont la bête noire des adeptes du 0 déchet dont les 47 familles Gardoises de l’association Lulu Zed qui se sont lancées le défi de réduire leurs déchets. Parmi ces participants, Christelle Hamon : "j’ai doublé le poids de mes déchets de tri sélectif ». «Les marchés étant fermés, j’ai dû m’approvisionner en grande surface. Les emballages sont omniprésents, je trouve cela scandaleux d’en voir autant, on devrait les taxer."
 

L’association note que malgré le confinement les familles ont réussit à diminuer entre février et avril de 10kg/an/hab leurs ordures ménagères et de 15 kg/an/hab les déchets de tri sélectif. Si ces familles restent convaincues par la démarche, l’association craint un retour en arrière des bonnes volontés. Laurence Nougarede, co-fondatrice de Lulu Zed, a pu constater que «parmi les commerçants qui acceptaient les emballages de leurs clients, certains les refusent aujourd’hui ». L’association est en cours de réflexion pour accompagner les commerçants, en particulier pour la vente à emporter.

Parmi les commerçants qui acceptaient les emballages de leurs clients, certains les refusent aujourd’hui (Lulu Zed)


Pour l’instant, il est difficile de mesurer l’impact de ces déchets liés au covid-19. Durant cette période de nombreuses entreprises et industries étaient à l’arrêt et selon l’INSEE, les dépenses de consommation des ménages ont chuté (-6,1%). Le directeur du Sitom sud Gard Hervé Lelievre précise que pour avril, «l’activité du tri sélectif est restée constante, celle des ordures ménagères enregistre une baisse record (-1000 tonnes) ». A noter que la production annuelle est de 7500 tonnes. Avec la reprise de l’activité économique, les résultats des prochaines statistiques seront probablement plus parlants.

Qu’en sera-t-il des nouvelles habitudes de consommation des français ? Les consommateurs sondés par Opinion Way l'affirment : ils ont l'intention de poursuivre leurs achats alimentaires responsables.
 
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