Gard - Hérault : les viticulteurs demandent l'AOP Vin de Camargue, ceux des Bouches-du-Rhône voient rouge

En Camargue, la guerre est déclarée des 2 côtés du Rhône. Les viticulteurs des Bouches-du-Rhône ne décolèrent pas depuis que ceux du Gard et de l'Hérault ont demandé l'Appellation d'Origine Protégée "Vin de Camargue". En jeu : le droit pour chacun d’apposer cette origine sur l’étiquette.

L'IGP Sable de Camargue regroupe 115 vignerons du Gard et de l'Hérault répartis sur 3.000 hectares.
L'IGP Sable de Camargue regroupe 115 vignerons du Gard et de l'Hérault répartis sur 3.000 hectares. © France 3 Occitanie

Dans le delta du Rhône, depuis quelques semaines, vignerons provençaux et languedociens semblent avoir déterré la hache de guerre des sables de Camargue. Enjeu de cette bataille : le droit d'apposer cette origine "Camargue" sur leurs étiquettes.

Jusqu'à aujourd’hui, tout allait pourtant bien, chacun ayant l'autorisation d'utiliser ce terme. Les viticulteurs arlésiens sont réunis sous l’Indication Géographique Protégée (IGP) "Pays des Bouches-du-Rhône" avec la mention complémentaire "Terre de Camargue". Ceux du Gard et de l’Hérault sont rassemblés dans l’IGP "Sable de Camargue".

Gardois et Héraultais veulent passer en AOP

Mais rien ne va plus depuis que les producteurs d’Occitanie ont demandé leur passage en Appellation d’Origine Protégée (AOP). Selon la réglementation, un même terme ne peut pas s’appliquer à 2 produits de catégories différentes : s'il y a des vins AOP "Camargue", il ne peut pas exister en parallèle des vins classés en IGP "Camargue".

En cas d'obtention de l'AOP par les Gardois et les Héraultais, les producteurs de la région PACA risquent donc de ne plus pouvoir mentionner l'origine "Camargue" sur leurs bouteilles.

La carte et le territoire : question de point de vue 

Or, géographiquement, c'est un fait : une grande partie de la Camargue se trouve dans les Bouches-du-Rhône. Et ce territoire possède une identité forte, revendiquée par les vignerons provençaux.

De leur côté, les Gardois et les Héraultais rappellent que la Camargue, c’est aussi chez eux. Mais ils précisent que ce n’est pas ce qui fait la spécificité de leur vin. Ils justifient leur démarche par leur volonté de voir reconnaître leur terroir, unique, constitué à 85% de sable.

Bataille commerciale entre terre et sable

Dans ce cas, pourquoi avoir choisi la dénommination "Vin de Camargue" ? Parce que le nom est touristiquement et culturellement évocateur et donc commercialement porteur.

Sur le plan économique, les Gardois et les Héraultais ont déjà la suprémacie, avec une IGP "Sable de Camargue" forte de 115 producteurs répartis sur 3.000 hectares de vignobles. Face à ce géant, perdre l'appellation serait donc un coup dur pour les viticulteurs d'Arles, dont l'IGP "Terre de Camargue" ne compte que 9 adhérents et 600 hectares.

Procédure d'opposition engagée

Cette bataille s’apparente à celle du pichet de terre contre le pichet de fer, mais qu’importe si le rapport de force paraît déséquilibré. Les Bucco-Rhodaniens ont décidé d’engager une procédure nationale d’opposition devant l’INAO (Institut National de l'Appellation et de la Qualité), l’organisme chargé d’examiner le dossier des Languedociens et de décider de leur accorder ou pas le label tant convoité. Ils ont 2 mois pour déposer leur requête.

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