Inondations dans le Gard : le préfet "agacé" par le déclenchement tardif de l'alerte rouge

"Il y a eu une sous-estimation manifeste de l'événement". Le préfet Didier Lauga est apparu agacé par la manière dont les informations lui ont été communiquées lors des inondations de samedi dans le Gard. Selon lui, le classement en alerte rouge a été très tardif. Météo France se défend.

La rue principale d'Anduze après les inondations.
La rue principale d'Anduze après les inondations. © NICOLAS TUCAT / AFP
"Si nous avions été mis au courant plus tôt, cela aurait été mieux. C'est agaçant. Météo France nous parlait encore de vigilance jaune ou orange dans la matinée alors que le phénomène était déjà en cours. Il y a eu une sous-estimation manifeste de l'évèvement," insiste Didier Lauga, au micro de France Bleu Gard Lozère. "J'espère que cela ne se reproduira plus".

Il y a eu une sous-estimation manifeste de l'évévement

Didier Lauga, préfet du Gard

L'alerte rouge n'a été lancée par les services de Météo France qu'à 14 heures. Hors, le gros des intempéries s'est produit dans la matinée. Le département était encore en jaune la veille alors que l'Hérault était placé en orange. 

Episode cévénol très brutal

Cet épisode cévénol a été extrêment brutal. En trois heures, de 10h à 13h, l'eau est montée très vite, voir même à certains endroits en quelques minutes comme le montre cette vidéo près de Saint-Jean du Gard. En deux minutes, le pont de Combonéral est inondé.
Il y a tout juste 120 ans, le 29 septembre 1900, des orages diluviens avaient déjà frappé le même secteur du département, avec une lame d'eau exceptionnelle de 950 mm recueillie à Valleraugue, au pied du Mont Aigoual provoquant de sévères inondations. Signe de cet évènement climatique, 713 mm d'eau étaient tombés avant la nuit ce samedi 19 septembre. 

Christophe Boisson est le maire de Saint-André de Majencoules. Il a 55 ans et a toujours vécu ici: "je n'ai jamais vu ça. La rivière est montée très, très vite. En deux heures, plus de 500 mm d'eau".
Cette soudaineté du phénomène s'explique par le réchauffement climatique mais du côté de Predict services, filiale risque de Météo France se défend de tout retard dans la communication: " l'information a eu lieu. Nous avons pris contact avec de nombreux maires dès vendredi. Samedi, dès 6 heures, nous donnions des consignes de mises en sécurité. Le phénomène cévénol était annoncé depuis le début de la semaine dernière par une dépression qu'il y avait au large du Portugal", explique Alex Roumagnac, son président. 

Mais alors pourquoi n'avoir déclanché l'alerte rouge qu'à 14 heures samedi ? "Nous travaillons de manières progressives. Les services de vigies crues activent cette alerte à partir du moment où les seuils sont dépassés."

Nouveau supercalculateur

La violence du phénomène est encore difficilement prévisible sur un secteur géographique très restreint comme ce qu'il s'est passé samedi dans les Cévennes. Météo France va se doter un nouveau calculateur de données 5 fois plus puissant permettant des prévisions météorologiques plus précises géographiquement et dans le temps. Un investissement de 140 millions d'euros. Il devrait être livré d'ici la fin de l'année. Météo-France dispose déjà de deux supercalculateurs, l'un installé sur le site toulousain de l'établissement, l'autre dans la salle de calcul mutualisé de l'espace Clément Ader, à Toulouse.

Il faut se préparer pour que nos territoires sachent mieux résister à ces événements climatiques

Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique

"Il faut se préparer pour que nos territoires sachent mieux résister à ces événements climatiques," expliquait dimanche lors de son passage à Anduze Barbara Pompili, la ministre de la transition écologique, pour qui "l'alerte a été donnée à temps". "D'autant qu'ils risquent de se produire de plus en plus souvent," assure le président de Predict services.
 
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