Nîmes : des pompiers du Gard en colère occupent la place de la République à Paris

La place de la République à Paris occupée par les pompiers du syndicat Sud-SDIS, dont des pompiers du Gard / © Facebook Sud-SDIS 30
La place de la République à Paris occupée par les pompiers du syndicat Sud-SDIS, dont des pompiers du Gard / © Facebook Sud-SDIS 30

Depuis lundi 2 décembre, plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers, dont un gros contingent venu du Gard, occupent la place de la République à Paris avant la journée de grève du 5 décembre. Ils ont planté des tentes et comptent y rester jusqu'à vendredi pour faire entendre leurs revendications.

Par Valérie Luxey

Depuis ce lundi 2 décembre 2019, des tentes ont fleuri place de la République à Paris : elles sont occupées par plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers du syndicat Sud-SDIS, dont un gros contingent de soldats du feu venu du Gard, où cette organisation est majoritaire.
 
Quelques-uns des pompiers gardois de Sud-SDIS qui occupent la place de la République à Paris / © Facebook Sud-SDIS 30
Quelques-uns des pompiers gardois de Sud-SDIS qui occupent la place de la République à Paris / © Facebook Sud-SDIS 30


Un avant-goût de la journée de grève du 5 décembre


Les pompiers ont devancé l'appel interprofessionnel à la grève du  jeudi 5 décembre contre la réforme des retraites et comptent rester sur place jusqu'à vendredi soir 6 décembre, même s'ils redoutent d'être délogés par les forces de l'ordre. Leur campement se trouve en effet sur le parcours du défilé parisien de demain.


Retraites, prime de risque et recrutements


Les occupants de la place de la République sont mobilisés bien sûr contre le projet gouvernemental de réforme des retraites, mais aussi pour la revalorisation de leur prime de risque (elle est de 19% contre près de 29% pour les policiers). Ils réclament aussi des recrutements pour faire face à la hausse de 20% du nombre de leurs interventions ces dernières années.
 


Occuper plutôt que manifester pour être entendus


La décision d'occuper la place parisienne a été prise en l'absence de réponse à leurs revendications, comme l'explique Samuel Besson, le secrétaire départemental de Sud-SDIS Gard, qui a fait le déplacement à Paris :
 

Aujourd'hui, faire des manifestations, ça n'a pas de portée. Lors du défilé parisien du 15 octobre dernier, les forces de l'ordre nous ont aspergés de gaz lacrymogènes, elles nous attendaient avec des flash-balls. Là, on a réellement pu communiquer avec les gens, sensibiliser la population. Certains nous amènent des croissants, du café, du bois pour le brasero. Mais c'est quand même un confort sommaire, c'est très éprouvant physiquement.


Gilets Jaunes et députés venus dialoguer


De nombreux Parisiens, beaucoup de Gilets Jaunes dont la figure emblématique du mouvement Jérôme Rodrigues sont venus soutenir les sapeurs-pompiers, de même que le comédien et musicien Yvan Le Bolloc'h. 3 parlementaires, dont une députée de l'Oise et un député des Landes sont aussi venus les rencontrer sur le campement.


Occupation nocturne sans autorisation


Pour l'heure, l'occupation de la place de la République à Paris se passe sans heurt, mise à part une entorse faite à la déclaration faite en préfecture : l'autorisation d'implanter les tentes a été délivrée seulement de 10 heures à 18 heures. La nuit, en principe, elles doivent être démontées, ce qui n'est pas le cas, d'où des tentatives de délogeage pour l'instant infructueuses.


Des tentes aussi à Nîmes


Pendant, ce temps, dans le Gard, les collègues des manifestants parisiens sont solidaires. En signe de soutien, des tentes et des banderoles ont aussi été dressées devant la caserne opérationnelle du boulevard Sergent Triaire à Nîmes. Demain, jeudi 5 décembre, le petit déjeuner sera offert au public à partir de 9 heures. Les sapeurs-pompiers rejoindront ensuite le cortège interprofessionnel nîmois à 14 heures.

Selon Nicolas Nadal, le secrétaire-adjoint du syndicat Sud-SDIS du Gard :
 

C'est la première fois que les pompiers sont autant mobilisés sur un mouvement national, beaucoup se déclarent grévistes, c'est historique.


Mais pas de panique : les interventions seront assurées normalement, des personnels étant réquisitionnés pour maintenir le service.



 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus