TEMOIGNAGES. "C’est un cri de désespoir, on est en train de disparaître" : les viticulteurs du Gard étranglés par la concurrence des vins espagnols

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Près d’un tiers des viticulteurs du Gard les a touchées. Les autres y auraient renoncé à cause de conditions d’octroi trop contraignantes. ©Pauline Sauthier / Thomas Imbert

Trois mois après la fin de la mobilisation des agriculteurs partout en France, les viticulteurs gardois se disent oubliés des mesures annoncées à la profession. Avec l’importation massive de vins espagnols, leurs ventes sont en baisse. Ils jugent les aides insuffisantes.

Le vignoble de Freddy Paulet, à Moussac, est fraîchement sorti de terre. Les premiers raisins sont attendus dans trois ans. Pourtant, ce viticulteur est inquiet face à la concurrence du vin espagnol. "Chaque année on a un peu plus de vin d'Espagne. Résultat des courses, il reste la moitié du vin à vendre. La production du Languedoc est de 11 millions et demi d’hectolitres. Aujourd’hui entre cinq et six millions est invendu, alors que dans quatre mois ce sont les vendanges. Nous, ce que l’on veut c’est vendre notre vin !"

Après la mobilisation des agriculteurs en début d’année, ces professionnels ont constitué un collectif pour poursuivre la mobilisation. Pour eux, les aides annoncées sont insuffisantes. Près d’un tiers des viticulteurs du Gard les a touchées. Les autres y auraient renoncé à cause de conditions d’octroi trop contraignantes. "Toutes les exploitations n’ont pas bénéficié des aides à la trésorerie, explique Aurélien Dupuy. On devait limiter les importations de vins qui ne respectaient pas les normes françaises. Bilan, on se retrouve toujours en concurrence avec des vins espagnols."

"Le litre de vin est rémunéré 65 centimes"

On n’a rien on n’a rien obtenu… Juste des promesses c’est tout. On n’a plus de trésorerie dans nos exploitations. Nos caves, coopératives,  n’arrivent pas à vendre un litre de vin. On est les oubliés. J’ai peur qu’on crève professionnellement. Franchement c’est un coup de gueule. Un cri de désespoir.    

Patrick Chaleil

viticulteur

La pandémie, les divers épisodes climatiques ont fragilisé la situation économique des producteurs. "Nos caves coopératives ont subi l’inflation, les frais de cave ont augmenté de 20% par rapport à l’année 2022. Même avec ce pourcentage supplémentaire, cela ne nous rapporte pas énormément. Le litre de vin coûte 85 centimes à la coopérative et 65 centimes rémunérés à l’exploitant. Nos charges subissent une augmentation de 50% non répercutée sur le prix d’achat de nos vins", s’inquiète Aurélien Dupuy.

Le collectif demande à rencontrer le ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, lors de sa visite dans le Gard ce vendredi 25 avril. Celui-ci a décliné. Les viticulteurs ont le sentiment d’être les oubliés des annonces du gouvernement.

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