L'usine Perrier de Vergèze prévoit 250 départs volontaires et investit 40 millions d'euros dans sa transformation

Nestlé Waters, propriétaire de l'usine Perrier de Vergèze, dans le Gard, vient d'annoncer un plan de départs volontaires, et prévoit 250 suppressions de postes sur 4 ans. Objectif : améliorer la compétitivité du site. Une annonce qui inquiète ses 1200 salariés.
 

La source Perrier de Vergèze (30) est exploitée depuis 150 ans
La source Perrier de Vergèze (30) est exploitée depuis 150 ans © E. Mangani /FTV
Cela fait 28 ans que Perrier appartient au groupe Nestlé. Pour l'instant leader du marché avec 1,6 milliard de bouteilles vendues chaque année à travers le monde, Perrier redoute la concurrence de grands groupes de boissons qui arrivent sur le marché des eaux gazeuses.

Nestlé Waters a annoncé le 19 octobre dernier un plan de transformation du site de Vergèze, dans le Gard. Le projet revoit l'organisation et le fonctionnement du site. Nestlé Waters prévoit d'investir 40 millions d'euros dans les deux ans à venir pour introduire les dernières innovations technologiques dans la chaîne de production.
 

Le tout s’appuie forcément sur une montée en compétence, c’est l’orientation qui a été choisie par le groupe et que j’ai voulu pour le site. C’est important d’entamer cette reconstruction pour plus d’agilité, de compétitivité, et pour préparer le futur de la marque.

Hervé Levis, directeur de Nestlé Waters Sud


Un plan de départs qui s'étalent sur 4 ans

La direction de Perrier avait déjà investi 170 millions d'euros depuis 2016 pour sa modernisation. Automatiser demande moins de personnels. Mais pour les représentants syndicaux, il ne faut pas que la compétitivité du site s'organise au détriment des salariés. Ils s'inquiètent de voir peut-être la maintenance et la logistique confiées à des entreprises sous-traitantes.
 

Comment gagner en profitabilité quand une entreprise se porte bien ? C’est sur le dos des salariés qui vont rester et voir leurs conditions de travail se durcir un peu plus. Les salariés ont bien compris qu'il y allait avoir une réorganisation nouvelle avec des métiers qui disparaissaient et d’autres métiers dont on ne connaît pas encore le descriptif, et ça crée des inquiétudes.

Sophie Seris, déléguée syndicale CGT Perrier


Un plan de départ volontaire prévoit 250 postes en moins d'ici 2024, sur les 1200 salariés que comptent le site. Le plan comprendra un volet de mesures d'âge, permettant à certains salariés de bénéficier d'un départ anticipé à la retraite. Mais le directeur du site n'exclut pas de recruter des personnes plus qualifiées.
 

"Les recrutements feront partie des discussions que nous allons avoir avec les partenaires sociaux, nous n'avons pas fermé la porte, mais on a déjà sur le site des gens qui nous ont montré qu’ils pouvaient monter en compétence pour nous amener au niveau des meilleurs standards de l’industrie agroalimentaire", ajoute Hervé Levis.

La source historique de Perrier est exploitée depuis plus de 150 ans, et par Nestlé Waters depuis 1992.  
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