Fermeture de la clinique de Gascogne à Auch : des patients livrés à eux mêmes ne savent pas où se faire opérer

La clinique privée de Gascogne ferme définitivement le 16 mars 2023 au soir. La liquidation judiciaire a été prononcée. 100 salariés sont donc licenciés et toutes les opérations ont été déprogrammées. Beaucoup de patients se retrouvent désormais sans solution.

Plus que trois jours avant la fermeture de la clinique de Gascogne à Auch. Placé en redressement judiciaire en juillet 2022, l'établissement n'a pas trouvé de repreneur et aucune solution pérenne entre la clinique, l'hôpital d'Auch et l'ARS n'a aboutie pour poursuivre l'offre de soins. Le 16 mars au soir, il n'y aura donc plus de patient ni de soignant dans l'établissement.

Des patients livrés à eux mêmes

Dès l'annonce de la fermeture, les secrétaires médicales des 30 chirurgiens spécialistes ont dû annuler des centaines d'opérations en quelques jours. Seul plateau technique du Gers en urologie, stomatologie, orthopédie du haut du corps, chirurgie vasculaire et en charge de la quasi totalité de l'ophtalmologie, la clinique pratiquait plus de 60% de la chirurgie dans le département.

Soixante opérations sont encore pratiquées ce lundi et mardi mais uniquement en ambulatoire. La clinique ne fait plus d'hospitalisation jusqu'à nouvel ordre. Des centaines de patients se retrouvent donc sans solution.

Mon mari devait se faire opérer de la prostate le 20 mars. La secrétaire du chirurgien vient de nous appeler pour nous dire que l'intervention était annulée sans nous rediriger vers une autre clinique. On va devoir chercher nous même un autre chirurgien dans un autre département et repartir à zéro. C'est vraiment stressant !

Gilberte Le Labourier, épouse d'un patient de la clinique de Gascogne

Les patients ne peuvent même pas se retourner vers l'hôpital de Auch (Ger) car l'établissement public ne propose pas les mêmes spécialités. 

Des opérations à Toulouse

Pour éviter une catastrophe sanitaire, certains chirurgiens de la clinique de Gascogne essayent de proposer d'autres solutions à leurs patients. 

On va continuer les consultations en ville mais les opérations se feront hors du Gers. Pour ma part, je me suis rapproché d'une clinique à Toulouse qui peut me garantir des créneaux de chirurgie pour mes patients.

Mickaël Secco, chirurgien urologue et président de la commission médicale de la clinique de Gascogne

Pour d'autres, la seule solution est de tenter d'obtenir un rendez-vous chez un spécialiste à Tarbes, Agen ou encore Aire-sur-Adour dans les Landes. Mais ces professionnels ont déjà un planning opératoire surchargé. La liste d'attente peut atteindre plusieurs mois. 

Dans un communiqué, l'Agence Régionale de Santé regrette " qu'une grande majorité de ces professionnels de santé libéraux ne (se) sont pas positionnés sur la continuité d’activité dans les locaux du Centre hospitalier".

L'ARS assure également qu'une nouvelle réunion sera organisée prochainement entre la Préfecture, les médecins du centre hospitalier, du centre de soins de la Reviscolada de Montégut et ceux de la clinique. "S'il n'y a plus de spécialiste près de chez eux, beaucoup de gens ne vont plus se faire suivre. Ils ne prendront pas rendez-vous et les cancers par exemple, vont se développer. C'est une vraie perte de chance pour les gersois" assure Justine Boyer, infirmière et porte parole des salariés de la clinique.