Grippe aviaire : quelles sont vos obligations si vous élevez des poules ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Mélisande Queïnnec
Les particuliers doivent eux aussi appliquer des mesures de précaution.
Les particuliers doivent eux aussi appliquer des mesures de précaution. © Philippe Turpin/BENELUXPIX/MAXPPP

Le 5 novembre dernier, le ministère de l’Agriculture a indiqué, dans un arrêté publié au Journal officiel, relever le niveau d’alerte concernant la grippe aviaire – insistant sur l’importance de confiner ses volailles. L’obligation de claustration de ces animaux prend effet aujourd’hui.

Introduit par des oiseaux migrateurs et présent dans de nombreux pays, le virus de l’influenza aviaire avait déjà conduit en 2020 "au dépeuplement de plus de 3,5 millions de volailles" dans le Sud-Ouest, a rappelé le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie sur Franceinfo, se disant "très inquiet".

En six ans, l’Hexagone a été confronté à trois vagues de grippe aviaire ; certains animaux peuvent en outre être porteurs asymptomatiques du virus et contaminer tout un élevage.

Face à cette menace persistante, il faut ainsi, jusqu’à la mi-mars, respecter certaines mesures de précaution... Des obligations qui ne concernent pas que les éleveurs professionnels. Voilà ce que vous devez - dès aujourd’hui - mettre en place si vous élevez des volailles.

Confiner ses poules, oui mais comment ?

La principale mesure évoquée par le ministère de l’Agriculture pour tenter de limiter la progression du virus, c’est un confinement strict des volailles (palmipèdes et gallinacés) dans plusieurs régions à risque.

Le 30 septembre, 43 communes gersoises avaient été classées "zones à risque de diffusion" (le virus de l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) a une forte probabilité de se propager d’un élevage à un autre, en cas d’introduction). De nombreux départements partout en France et en Occitanie sont également concernés, d'où l'importance de rester vigilant peu importe votre zone géographique. 

Que les propriétaires de volailles se rassurent, néanmoins : contrairement à la dernière vague d’influenza aviaire, il est cette fois-ci tout à fait possible de confiner ses poules en plein air, à condition d’installer un équipement de protection adéquat – comme un filet. "Nous avons fait évoluer les pratiques de protection pour s'assurer que l'élevage de plein air puisse perdurer", a confirmé Julien Denormandie à Franceinfo.

Vos poules, canards et oies pourront ainsi continuer de profiter de leur basse-cour, sans risquer d’être mis en contact avec des oiseaux migrateurs porteurs du virus.

Une surveillance accrue

Le confinement seul ne suffit pas à éliminer tout risque. Pour limiter au maximum la diffusion du virus, le ministère de l’Agriculture a également préconisé de surveiller ses animaux plus étroitement, de contacter rapidement un vétérinaire en cas de mortalité anormale – et de protéger des oiseaux sauvages le stock d’aliments et l’approvisionnement en eau de ses volailles.

Concrètement, ne laissez pas vos volailles se mélanger à celles d’un autre élevage, encore moins entrer en contact avec des oiseaux sauvages (ou autres bêtes nuisibles).

Évitez également de laisser des personnes extérieures à votre foyer accéder à votre basse-cour, et assurez-vous de prendre toutes les précautions nécessaires si vous êtes amenés à vous rendre dans un élevage voisin.

Bouchées doubles sur l’hygiène

Enfin, le ministère insiste sur l’importance d'une hygiène irréprochable. Maintenez votre litière à l’abri de l’humidité et sans contact possible avec des cadavres d’animaux, et effectuez un nettoyage régulier des bâtiments. A bannir : l’eau des mares, des ruisseaux ou même l’eau de pluie, jusqu’à la fin de la saison des migrations (mi-mars).

Même en tant que particulier, il est recommandé de se méfier, enfin, des fientes d’oiseaux qui peuvent représenter un foyer de contamination. Faites à minima en sorte de les composter en-dehors de votre basse-cour.

Depuis le début du mois d’août, en France, trois basses-cours ont déjà été contaminées dans les départements de l’Aisne et des Ardennes. Élément rassurant pour les fêtes de fin d’année, toutefois : le virus n’est, pour le moment, pas transmissible à l’Homme via la consommation de produits dérivés de la volaille (viande, œufs ou encore foie gras).

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