"On vit une vraie débâcle" : le cri d'alarme des éleveurs dans la tourmente de la grippe aviaire

Plusieurs organisations agricoles comme la Confédération Paysanne et le Modef tenaient une conférence de presse, ce mercredi 16 mars, pour alerter sur la situation des éleveurs de volailles en France, confrontés à la grippe aviaire. Quatre recours seront examinés par le Conseil d'Etat dans les semaines à venir.

"Nous avons besoin du soutien des consommateurs et d'une très grande solidarité" : c'est l'appel lancé ce mercredi 16 mars par Sylvie Colas, éleveuse de canards en plein air et porte-parole de la Confédération Paysanne.

L'organisation, conjointement avec le Modef et le collectif Sauve qui poule, tenait une conférence de presse ce matin, afin d'alerter médias et grand public sur la situation "catastrophique" que connaissent actuellement les éleveurs de volailles, confrontés à un énième épisode de grippe aviaire. 

Une flambée des cas dans l'Ouest

C'est la quatrième crise en cinq ans, ont rappelé les intervenants. Et elle prend une tournure des plus inquiétantes, notamment dans l'ouest de la France. "Lundi, 430 bâtiments étaient touchés dans le département de la Vendée", a expliqué Pascal Sachot, éleveur et porte-parole de la Confédération Paysanne en Vendée. "Et une trentaine de cas se déclare chaque jour. Dans le département, une ferme sur quatre a de l'élevage volailles".

On voit là les limites de l'élevage intensif. L'Etat va nous aider économiquement mais des éleveurs vont rester sur le bord de la route. La claustration est inefficace. On vit une vraie débâcle sur notre territoire.

Pascal Sachot, éleveur en Vendée et porte-parole de la Confédération Paysanne

Un abattage à flux tendu

Dans les départements limitrophes à la Vendée, comme la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire, on constate une augmentation de 10 à 20 foyers par jour. La situation est telle que certains éleveurs attendent jusqu'à une semaine de pouvoir faire ramasser les cadavres. "Rien n'a été travaillé sur la gestion des cadavres", explique la Confédération Paysanne. "L'abattage est à flux tendu. Il y a des charniers au sein même des élevages. Et la réalisation de l'enfouissement est à la charge des éleveurs. Ce qui constitue un traumatisme supplémentaire pour les éleveurs. La charge psychologique est très importante". 

Ces organisations remettent en cause la gestion globale de l'épidémie par l'Etat. "Les volumes n'ont jamais été remis en cause", plaide Julien Mora, du Modef. "C'est l'organisation de la filière complète qui est à revoir. Concernant la densité, on a parfois jusqu'à 100 000 animaux en présence simultanée sur un territoire"

"Des arrêtés tombés comme un couperet"

L'autre problème, selon David Léger, de la FNAB (fédération nationale d'agriculture biologique), l'Etat a fait une "fixette" sur le plein air.

Plus on parle de biosécurité, plus on fragilise le plein air. On va vers une concentration au détriment des petits éleveurs, de plein air notamment. Alors que la solution, c'est de baisser les densités et de faire des parcours.

David Léger, FNAB

Pour toutes ces raisons, les organisations comme la Confédération Paysanne et le Modef ont déposé des recours auprès du conseil d'Etat, pour remettre en cause les arrêtés qui "sont tombés comme un couperet". Notamment la suppression de la dérogation à la claustration pour les éleveurs plein air moyennant une limite de la population des volailles. 

Les conclusions seront déposées cet après-midi devant le Conseil d'Etat, lequel devrait rendre son délibéré dans deux à trois semaines. 
"Nous attendons beaucoup de la justice", explique Sylvie Colas. "C'est une situation inédite qui condamne l'avenir de tous les éleveurs. Nous avons aussi besoin d'une très grande solidarité car nous vivons un drame psychologique". 

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