Vins du Sud-Ouest : à la recherche de nouveaux cépages résistants aux champignons, comme le mildiou

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Le collectif de vignerons teste dans le Sud-Ouest 180 nouvelles variétés de cépages issues du Colombard, du Gros Manseng et du Tannat. Objectif, obtenir des vignobles qui résistent aux champignons, le mildiou et l'oïdium.

Depuis quelques années, l’INRAE (institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) et l’IFV (institut français de la vigne et du vin) ont créé des cépages qui sont dotés d’une résistance polygénique : ils sont censés être durables et résistants.

Les cépages résistants sont polyvalents, ils ne sont pas adaptés à certains terroirs et ne sont spécifiques à aucun vignoble. L'objectif, est de résister aux deux champignons les plus virulents de la vigne, le mildiou et l’oïdium.

"Le mildiou est particulièrement virulent dans le sud-ouest, dans les vignobles de Gascogne et du Piémont pyrénéen, c’est une zone géographique où il pleut souvent, accompagné d’un ensoleillement et de températures élevées", souligne Alain Desprats, directeur du syndicat ODG (organisme de défense et de gestion) des Côtes de Gascogne.

Il fait chaud et un peu plus humide comparé au Languedoc-Roussillon ou à la Provence, on a le même ensoleillement mais il pleut plus souvent. C’est l’effet conjugué des deux, de la pluviométrie et de la chaleur qui fait que ces champignons, surtout le mildiou sont particulièrement virulents chez nous.

Alain Desprats, directeur syndicat ODG, côtes de Gascogne

Puissance aromatique, notes d'agrumes et de fruit exotique, vivacité en bouche et légèreté en alcool sont les spécificités des Côtes de Gascogne avec les cépages traditionnels et emblématiques que sont le Colombard et le Gros Manseng.

Mais aujourd'hui, les nouveaux cépages résistants, le Floréal et le Voltis en blanc et l'Artaban et le Vidoc en rouge ne sont pas encore adaptés au profil aromatique des vins de Gascogne. 

"Aujourd’hui, les cépages qui existent ne sont pas sur ces profils aromatiques, n’ont pas ces acidités résiduelles donc on ne peut pas faire des vins qui ressemblent aux Côtes de Gascogne avec ces cépages-là", précise Alain Desprats.

L’idée est de créer une descendance entre nos cépages autochtones et les cépages résistants, de manière à avoir une descendance qui ressemble à nos cépages autochtones avec toutes les qualités et, en plus, ces gènes de résistance.

Alain Desprats, directeur syndicat ODG, côtes de Gascogne

180 nouvelles variétés

Ce programme de création de variétés résistantes respecte un cahier des charges pour le collectif de vignobles. Ils travaillent tous avec les trois cépages traditionnels de la Gascogne et du Piémont pyrénéen : le Colombard, le Gros Manseng et le Tannat.

Le collectif de vignobles (les Côtes de Gascogne, le Floc et l’Armagnac, le vignoble de Saint-Mont, le vignoble de Madiran et de Pacherenc, le vignoble de Tursan et le vignoble d’Irouleguy), a créé 180 nouvelles variétés, 60 en descendance de Colombard, 60 en descendance du Gros Manseng et 60 en descendance du Tannat.

Elles sont en phase de test pendant 12 ans. Et pendant ces 12 années, on va les suivre de près, les vinifier et tester ces variétés. Au final, on va en garder deux ou trois qui vont correspondre à nos attentes.

Alain Desprats, directeur syndicat ODG, côtes de Gascogne

Défi environnemental et coût de production

L’objectif principal est de résister aux champignons, le mildiou et l’oïdium, mais d'autres défis sont pris en compte par le collectif. L'impact environnemental, l'adaptation au changement climatique et le coût de production sont aussi importants pour les vignerons.

Les premiers retours d’expérience montrent que les vignerons devraient diminuer l’utilisation des produits de 80%. 

"C’est un sujet d’actualité parce qu’aujourd’hui, on cherche tous à rentrer dans une production agricole plus durable, respectueuse de l’environnement et se défaire des produits phytosanitaire très couteux", détaille Alain Desprats.

Tous les moyens de lutte demandent beaucoup d’intervention sur la vigne, en énergie, en gasoil pour passer le tracteur, cela reste toujours très couteux et contraignant. Très rares sont les cultures qui ne demandent aucune intervention.

Alain Desprats, directeur syndicat ODG, côtes Gascogne

Les vignerons veulent préserver leur tradition tout en évoluant et en s'adaptant au changement climatique. Ces programmes de recherche sont axés vers la transition écologique des vignobles de Gascogne.