"Arrêtez ce massacre" : des riverains font stopper la coupe de dizaines d'arbres dans une forêt classée

Le 23 février 2024, des riverains du bois de Montbrun-Lauragais au sud de Toulouse et des membres du collectif Grains de Pollen se sont rassemblés devant l'entrée de cette zone boisée privée pour dénoncer les coupes rases. Des dizaines d'arbres ont été abattues pour faire de la pâte à papier et du bois de chauffage.

A l'appel du collectif écologiste Grains de Pollen, ils n'étaient qu'une douzaine devant le bois de Montbrun-Lauragais pour protester contre l'abattage d'arbres. Ce vendredi 23 février 2024, des riverains ont dénoncé les coupes rases effectuées sur des dizaines d'arbres dans ce bois privé classé de 17 hectares.

Il y a un mois, on a été alertés par des riverains étonnés de voir des engins de chantier sur ce terrain en bordure de route. Une première bande d'arbres avait déjà été dessouchée pour faire une zone de stockage. Et des dizaines d'autres ont subi des coupes rases.

Gérard Bolet, membre du collectif Grains de pollen

Coupe rase

L'exploitation du bois par son propriétaire est tout à fait légale. Mais les riverains dénoncent la méthode d'abattage. "C'est une aberration. La méthode choisie par la SEBSO, énorme société basée à Saint-Gaudens, et les propriétaires est la pire : coupes rases et en bandes. Elle détruit tout, faune et flore, saccage non seulement les arbres coupés, mais aussi les sols et les végétaux qui pourraient être préservés" souligne Gérard Bolet.

Les riverains expliquent que "cette forêt a déjà subi il y a une trentaine d’années ce type de coupe, elle commence à peine à s’en remettre et avec le changement climatique, on sait maintenant que les chênes ne repousseront pas, ils ont déjà du mal à survivre aux canicules récurrentes.

Un lac sauvé sur la même parcelle

Le propriétaire du bois, le Groupement Foncier Agricole de Picard, n'a pas donné suite aux demandes du collectif. À savoir : communiquer le plan de gestion de ces bois. " Il y a cinq ans, ces mêmes propriétaires voulaient supprimer le lac car ils avaient des subventions pour le faire. Ils en avaient le droit, c'était légal et même préconisé par l'Agence de l'Eau, mais aberrant, illégitime. La réaction de la municipalité de l'époque et des citoyens mobilisés (3700 signatures sur une pétition) ont permis de faire arrêter ce projet."

Le collectif et les riverains comptent bien utiliser le même procédé pour sauver ce bois. Une pétition a été lancée. Elle a recueilli près de 1400 signatures.

Le chantier momentanément à l'arrêt

Lors de la manifestation du 23 février 2024, un agent de la Direction Départementale des Territoires, est venu constater l'état du chantier et a fait stopper l'abattage. Une première victoire pour les opposants qui souhaitent faire entendre leurs propositions lors d'une prochaine réunion. 

Elle aura lieu le 6 mars 2024 à la mairie de Montbrun-Lauragais avec deux représentants de Grains de Pollen, les propriétaires du bois, les exploitants forestiers et la mairie.