Autoroute A69 Castres-Toulouse : début de l'enquête publique relative aux autorisations environnementales

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Écrit par Mélanie Philips .

Le projet de l'autoroute A69 continue son bonhomme de chemin. L'enquête publique relative aux autorisations environnementales va-t-elle marquer un coup d'arrêt ou au contraire, ne rien changer ?

À partir de ce lundi 28 novembre et jusqu'au 11 janvier 2023 a lieu l'enquête publique relative aux autorisations environnementales. Il s'agit là de la dernière étape avant la délivrance de l’autorisation environnementale puis le commencement des travaux.

Durant toute cette période, une commission d’enquête, composée de sept commissaires enquêteurs, sera chargée d'assurer les échanges avec le public. Elle aura ensuite un délai de 30 jours après la clôture de l'enquête pour remettre ses conclusions motivées. 

Une enquête publique

Ce projet d'autoroute entre Castres et Toulouse fait débat depuis le début. Selon FNE Midi-Pyrénées, "cette consultation doit permettre au plus grand nombre de citoyens et citoyennes de pouvoir exprimer leur opinion sur ce projet autoroutier." FNE Midi-Pyrénées et de nombreuses associations locales participeront activement à cette enquête publique. 

Selon le concessionnaire ATOSCA, en charge de la création de l’autoroute A69 cette consultation "a pour but de permettre à chacun de connaître précisément l’implantation de la future liaison autoroutière et quels sont les aménagements prévus (rétablissement des voiries, bassins, protections paysagères et phoniques, plantations…) pour l’insérer durablement dans le territoire. Elle permet également au grand public de consulter l’intégralité des mesures qui seront mises en œuvre par les concessionnaires autoroutiers pour "Éviter", "Réduire" et "Compenser (démarche E.R.C.) les impacts du projet sur l’environnement humain et naturel dans le respect des dernières normes gouvernementales en matière de transition écologique et énergétique."

Éplucher tous les dossiers

L'enquête publique concerne la totalité de la liaison autoroutière qui s’étend sur 62km et se décompose en deux opérations : 

  • l’opération d’élargissement à 2x2 voies de l’autoroute A680 sur 9 km, entre Castelmaurou et Verfeil, déclarée d’utilité publique par arrêté préfectoral du 22 décembre 2017 et portée par le concessionnaire Autoroutes du Sud de la France ;
  • l’opération de création de l’autoroute A69 à 2x2 voies, entre Verfeil et Castres, déclarée d’utilité publique par décret n° 2018-638 du 19 juillet 2018 et portée par le concessionnaire ATOSCA.

Elle épluchera les dossiers des deux sociétés, mais aussi les avis exprimés durant l’instruction par les organismes consultés : l’autorité environnementale (AE), les collectivités territoriales, le Conseil national de protection de la nature (CNPN). 

Il est possible de s'informer et s'exprimer sur le sujet sur les sites Internet des services de l’État dans la Haute-Garonne et du Tarn ainsi qu'ici.

Des avis défavorables 

Ce projet autoroutier est vivement critiqué, notamment car il entraînera "la consommation de 400 hectares d’espaces naturels et agricoles, détruira différents milieux et zones humides ainsi que des dizaines d’espèces protégées qui y sont inféodées", explique l'association FNE Midi-Pyrénées.

En premier lieu, l'Autorité environnementale avait relevé plusieurs lacunes dans ce dossier : "De façon générale, ce projet routier, initié il y a plusieurs décennies, apparaît anachronique au regard des enjeux et ambitions actuels de sobriété, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de la pollution de l’air, d’arrêt de l’érosion de la biodiversité et de l’artificialisation du territoire et d’évolution des pratiques de mobilité et leurs liens avec l’aménagement des territoires." 

Les experts de la biodiversité du CNPN (Conseil national de protection de la nature) ont émis un avis défavorable pour ce projet. "Ce dossier s’inscrit en contradiction avec les engagements nationaux en matière de lutte contre le changement climatique, d’objectif du zéro artificialisation nette et du zéro perte nette de biodiversité, ainsi qu’en matière de pouvoir d’achat", indiquaient-ils. 

Pourtant, selon Atosca, 23% de l’investissement global sont consacrés au cadre de vie et à l’environnement avec, 8 kilomètres de protections acoustiques, 200 aménagements pour l’eau et les animaux, 35 bassins de préservation de la ressource en eau, 25 hectares de haies et forêts plantés ainsi que 55 hectares de zones humides restaurées. 

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