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Crash du vol Rio-Paris : vers un non lieu pour Airbus ?

Débris de l'appareil présenté par les autorités brésiliennes en juin 2009 / © MARCELO SAYAO/EPA/MaxPPP
Débris de l'appareil présenté par les autorités brésiliennes en juin 2009 / © MARCELO SAYAO/EPA/MaxPPP

Plus de 10 ans après le crash du vol AF 447 Rio-Paris dans l'océan atlantique, le parquet de Paris demande un procès correctionnel contre la compagnie aérienne et un non-lieu pour Airbus, le constructeur aéronautique basé à Toulouse.

Par Yann Olivier d'Amontloir avec AFP

Il y a eu "négligence" et "imprudence" de la part de la compagnie aérienne Air-France.
C'est ce que retient le parquet de Paris dans l'enquête sur le crash du vol AF 447 du 31 mai 2009, qui reliait Rio de Janeiro (Brésil) à Paris et qui a fait 228 morts.
La compagnie n'aurait pas communiqué suffisamment d'informations à ses pilotes, sur la procédure à adopter, en cas d'anomalie de fonctionnement des sondes qui permettent de contrôler la vitesse de l'appareil. Les "fameuses" sondes Pitot.

Le réquisitoire du Parquet retient que plusieurs incidents de ce genre s'étaient produits dans les mois précédents, et qu'Air France aurait dû en tenir compte.
Les deux enquêtes, judiciaire et technique, menées depuis le crash, ont révélé que les sondes Pitot avaient givré, alors que l'A 330 traversait un violent orage, à 10 700 m d'altitude
 
Une traînée de carburant marque l'endroit où l'Airbus A 330 a percuté la surface de l'océan atlantique. / © AFP
Une traînée de carburant marque l'endroit où l'Airbus A 330 a percuté la surface de l'océan atlantique. / © AFP

C'est la perte des repères de vitesse par les pilotes qui est à l'origine de l'enchaînement d'erreurs d'appréciation et de maniement des commandes, entraînant le décrochage de l'avion : il a chuté de 11 000 m en 3 minutes et 30 secondes et s'est disloqué en percutant la surface de l'océan atlantique.
Les débris ont été retrouvé à 3900 m de profondeur, et il a fallu 2 ans pour retrouver les boîtes noires.
 
L'empennage de l'A 330 est le plus gros débris de l'appareil qui flottait encore, quand la marine brésilienne est arrivée sur le lieu du crash. Il a pu être repéché et ramené à terre pour des analyses. / © AFP
L'empennage de l'A 330 est le plus gros débris de l'appareil qui flottait encore, quand la marine brésilienne est arrivée sur le lieu du crash. Il a pu être repéché et ramené à terre pour des analyses. / © AFP
 

Les familles des victimes sous le choc

Les familles de victimes, elles, sont sous le choc d'une "décision aussi inique qu'inattendue".

"Pour le parquet, manifestement, la mort de 228 personnes ne justifie pas que soit organisé un procès contradictoire et public avec Airbus dont les manquements ont été établis, notamment dans le rapport des experts judiciaires de 2012", a regretté auprès de l'AFP Danièle Lamy, présidente de l'association Entraide et Solidarité AF447, qui regroupe quelque 360 proches des victimes.


Depuis ses débuts, l'enquête a donné lieu à une bataille d'experts pour établir les responsabilités dans l'enchaînement ayant mené au crash de l'appareil et les parties civiles poussent pour qu'Airbus et Air France soient jugés tous les deux.

En 2012, la première expertise avait pointé à la fois des défaillances de l'équipage, des problèmes techniques et un déficit d'information des pilotes en cas de givrage des sondes, malgré une recrudescence d'incidents antérieurs signalés à Airbus.
Le constructeur avait alors sollicité une contre-expertise, qui mettait surtout l'accent sur une "réaction inappropriée de l'équipage" et les manquements d'Air France.

La jugeant trop favorable à Airbus, des proches des victimes et la compagnie aérienne avaient attaqué le rapport devant la cour d'appel de Paris, qui avait ordonné son annulation et la réouverture de l'enquête.

Toutefois la dernière contre-expertise, remise en décembre 2017, a de nouveau suscité l'indignation des parties civiles. Les experts y réaffirmaient que la "cause directe" de l'accident "résulte des actions inadaptées en pilotage manuel" de l'équipage et tendaient à dédouaner Airbus.

Il appartient désormais aux juges d'instruction de décider s'ils suivent ces réquisitions et ordonnent donc un procès pour Air France uniquement.
 

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