Fronton : le vin, une histoire de famille

Anne Ribes, 24 ans, est la dernière associée du domaine du Roc. / © FTV
Anne Ribes, 24 ans, est la dernière associée du domaine du Roc. / © FTV

Au domaine du Roc, dans le vignoble de Fronton (31), on fait du vin à deux générations. Les jeunes apprennent le métier au contact de leurs aînés, profitent de leur expérience, avant de prendre les rênes. 

Par Marie Martin

Dans la famille Ribes, qui préside aux destinées du domaine viticole du Roc, dans le Frontonnais, il y a Frédéric, le fondateur. Cathy, son épouse, aux manettes de la partie commerciale. Jean-Luc, dit Mammouth, le frère, qui s'occupe de la vigne. Et puis, il y a Grégoire, le neveu. Et, enfin, Anne, la petite dernière de Frédéric et Cathy.

Deux générations, cinq personnes d'une même famille (sans oublier l'associé "extérieur" Pierre Salama), oeuvrent donc à élever leur vin. On est loin d'une filiation contrainte, comme autrefois. Celle-ci est volontaire. Et heureuse. Rencontre avec ses protagonistes.

Frédéric

Frédéric Ribes est en quelque sorte le "patriarche". C'est lui qui, il y a plus de trente ans, a développé le domaine du Roc. Partant des quelques pieds de vigne de la propriété familiale.

Cette transmission de son savoir-faire, à sa fille Anne et son neveu Grégoire, il la vit très sereinement. "Nous avons, mon épouse et mon frère, entre 55 et 60 ans. Mon neveu et ma fille nous ont rejoints. Il va y avoir un petit passage de témoin de 4 ou 5 ans. Puis, ils innoveront, avec l'enseignement des plus anciens". 

Frédéric en est conscient, les anciennes générations doivent laisser un peu de place. Tout comme les jeunes doivent faire preuve de patience. "Mais il y a des points de rencontre. C'est une histoire d'éducation et de caractère". 

Le changement lui fait-il peur ? Pas du tout. "Cela changera probablement car même moi, je ne fais plus le vin que je faisais au début. Ce n'est pas un problème de changement de génération, le vigneron doit être alerté sur tout. Sur la nature, sur le goût des gens, sur les marchés". 

On fait du vin pour faire plaisir, il faut être à l'écoute des autres

Et puis, il y a un peu de fierté, aussi, à voir les enfants rallier le domaine. "On est très content d'avoir pu transmettre, surtout à nos enfants. Cela prouve que notre métier est attractif, aussi". 

Jean-Luc, dit "Mammouth"

Jean-Luc Ribes, qui ne répond qu'au doux surnom de "Mammouth", est le frère et le tonton. Lui est l'homme de terrain. En cette période de vendanges, c'est lui qui officie à la récolte mécanique. 
Son coeur se partage entre le vignoble et la musique, le blues en l'occurrence. Et il voit avec bienveillance "grandir" son neveu et sa nièce dans le domaine.

"Il faut qu'on s'adapte à eux, et inversement. L'idée, c'est de transmettre. Comment on devient vigneron ? De la technique, du feeling. Et de l'observation. Beaucoup d'observation. C'est de là qu'en découlent les actes". 

Il sourit. "Mais ça se passe bien. Regardez ce qu'elle [Anne, sa nièce] m'a écrit sur mon Thermos : "Café pour mon tonton préféré...."

Cathy

Cathy Ribes est tout à la fois. L'épouse, la mère, la belle-soeur et la tante. Elle s'occupe surtout de l'administratif, du commercial et de l'accueil des clients au domaine. 

L'arrivée de la nouvelle génération est pour elle un bonheur.

Ils nous apportent l'audace, les nouvelles technologies, de nouvelles idées. Et leur sensibilité, bien sûr. C'est quelque chose qui est important 

Anne, la troisième et dernière de ses enfants, ne se destinait pas forcément à la viticulture. Mais lors d'un salon au Québec où elle accompagne ses parents, elle a une révélation. "Elle m'a dit : "Maman, ce que vous faites, en fait, c'est ce que j'ai envie de faire". Ce n'était pas une obligation, mais j'ai vraiment l'impression qu'elle a trouvé Sa voie. C'est son choix". 

Grégoire

Grégoire Faure est donc le neveu de Jean-Luc et Frédéric. Il a rejoint les 42 hectares du domaine il y a quelques années, en tant qu'associé. C'est lui qui gèrera dans un futur proche le vignoble avec sa cousine Anne. 

Une "union" qu'il voit complémentaire. "Il y a des choses dont Anne s'occupe principalement. J'ai aussi mes domaines. Mais on sait faire les tâches de l'autre. C'est pour ça qu'on va pouvoir s'autoriser des vacances, par exemple. C'est bon de savoir qu'on peut s'appuyer sur quelqu'un de confiance". 

Anne

Voilà donc la dernière des associées du domaine du Roc. Tombée dedans toute petite. "Une grande partie de pourquoi j'ai voulu être vigneronne, c'est que j'ai grandi ici. Si cela n'avait pas été le cas, je ne sais pas si je me serais lancée car c'est un métier difficile. Mais la vie est bien faite". 

Pour le moment, Anne entend bien profiter au maximum de l'expertise de ses aînés. Mais prendre des initiatives ne lui fait pas peur. "Moi, j'ai appris l'oenologie différemment. Je peux amener des idées et ils ne sont pas réfractaires. Cela fait avancer tout le monde..."

Avec cette deuxième génération, l'aventure du domaine du Roc, commencée il y a plus de trente ans, ouvre un nouveau chapitre. L'histoire familiale a de beaux jours devant elle...
 
Fronton : le vin, une histoire de famille

Sur le même sujet

Les + Lus