Grâce au robot Buddy, les enfants malades du CHU de Toulouse conservent un lien avec leur famille

Pour soutenir les enfants malades placés à l'isolement, le CHU de Toulouse propose l'utilisation d'un robot émotionnel appelé "Buddy" pour garder le lien avec la famille. Grâce à une tablette, les patients peuvent se connecter au robot installé à leur domicile, savoir ce qu'il se passe chez eux.

Gabin 6 ans, est à l'Hôpital Purpan à Toulouse. Sa famille se trouve à 80 km de là. Atteint d'une aplasie médullaire idiopathique - une maladie auto-immune rare - il doit passer six semaines en chambre d'isolement stérile au service d'hémato-oncologie. Mais grâce au petit robot Buddy, il pourra garder un oeil chez lui et entendre ce qu'il s'y passe.

"Il peut regarder l'aquarium avec nous, donner à manger aux poissons, participer à la préparation des repas..." liste Claude Dagy, son père. "Et moi, j'ai presque l'impression qu'il est à côté, et qu'il peut vivre avec nous" confie-t-il, les larmes aux yeux.

Si la séparation avec son fils est difficile à vivre, la présence de Buddy lui apporte un peu de réconfort. Depuis la chambre d'hôpital, Gabin pilote le petit automate comme bon lui semble. "Je peux me déplacer, je peux bouger la tête, je peux parler et voir ma maison grâce à la tablette", dit-il. 

"Le robot n'a pas une grande autonomie, mais s'il peut passer trois quarts d'heure ou une heure avec nous, c'est déjà parfait" lâche Claude. Quand Gabin ne peut pas être présent, Buddy peut stocker une galerie de photos des moments vécus par la famille pendant ce temps, qu'il pourra regarder quand il le désire.

Un peu de "magie" dans les moments difficiles

Pour sa mère Julie Dagy, l'arrivée de Buddy a changé leur vie; elle parle même de "magie". "A 6 ans, un robot, ça fait un peu rêver un enfant, et ça permet de garder le lien avec la maison". Le garçon les appelle tous les jours en fin d'après-midi.

En dehors de la visite hebdomadaire d'un seul de ses parents, Gabin n'a le droit de voir personne d'autre. Pas son grand frère. Depuis que Buddy est à la maison, il joue régulièrement avec son aîné, et lui envoie souvent des messages pour communiquer. "Même si Gabin n'est pas à la maison je peux lui parler, [...] lui demander comment ça va, s'il ne s'ennuie pas trop", explique son grand-frère.

Le bien-être des enfants essentiel pour la réussite des traitements

Développé avec l'aide des ingénieurs volontaires de Humanity Lab Airbus, c'est l’association « The Hope of Princesse Manon » qui soumis l’idée d’un robot capable d'aller là où l’enfant ne peut pas se rendre pendant son séjour à l’hôpital. Briser le sentiment d'isolement et d'exclusion chez les enfants éloignés longtemps de leurs parents et fratrie est capital, et contribue à la réussite des traitements.

"Nous avons accueilli Buddy avec beaucoup d’espoir sur ce qu’il pouvait apporter à nos patients en isolement protecteur" explique le Docteur Cécile Boulanger du service d'hémato-oncologie pédiatrique. 

Elle est à la tête de l'équipe qui a participé à l'identification des caractéristiques que devaient avoir le robot pour bien s'intégrer au sien de l'unité de soin. "On sait que cela a des répercutions sur les résultats du traitement si l'hospitalisation prolongée est bien vécue".

Pour l'instant, seuls quatre enfants ont bénéficié de l’accompagnement de Buddy. L'utilisation du robot est encore en phase d'expérimentation.

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