Guerre en Ukraine : ce que l'on sait des avions Airbus de la compagnie russe Aeroflot bloqués en France

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En raison de la guerre en Ukraine et des sanctions de l'Union européenne contre Moscou, les avions fabriqués par Airbus à Toulouse (Haute-Garonne) pour la compagnie russe Aeroflot sont immobilisés ou ne pourront pas être livrés. Le point sur le nombre d'appareils livrés, stockés et pas encore fabriqués.

Après l'épidémie de covid, Airbus doit faire face aux sanctions de l'Union européenne prises contre la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine. Comme l'a révélé le quotidien Libération, "des appareils sortant des usines de fabrication d’Airbus ou de Dassault, ou en révision dans des ateliers de maintenance, ont été immobilisés et ne pourront être livrés ou rendus à leurs propriétaires."

La compagnie russe Aeroflot a commandé au constructeur européen basé à Toulouse (Haute-Garonne) vingt-deux A350. Selon les informations de France 3 Occitanie, treize restent encore à être fabriqués d'ici 2023 et trois autres ont été livrés au cours des dernières semaines.

Un avion livré de justesse, deux autres bloqués

Au premier jour de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la livraison sous contrat d'un de ces appareils a été effectuée. Le jour même, l'avion  (immatriculé VP-BYF) s'est envolé pour Moscou. Toujours le 24 février 2022, un A350-941 - immatriculé F-WZNJ et dont la livraison par contrat a été actée le 31 décembre 2021 - quittait l'aéroport de Châteauroux pour celui de Toulouse-Blagnac où il est toujours en attente. 

Quelques jours auparavant, un autre modèle A350-941 avait fait le voyage inverse. Il est depuis bloqué à l'aéroport Marcel-Dassault de Châteauroux (Indre). "Ils n'ont pas d'autres solutions, nous explique une source chez Airbus souhaitant rester anonyme. Comme les équipages russes n'ont pas le droit de venir et que les vols sont interdits, ces avions doivent être stockés."

"Livrés sous contrat", 90 % du prix de ces trois avions ont, a priori, été payés. Ce modèle d'appareil se négocie, comme le rappelle Libé, autour de 140 à 160 millions d'euros.

Selon ce document datant de début janvier 2022, Aeroflot comptait récupérer ces deux derniers appareils en avril prochain.

13 appareils A350 encore dans le carnet de commandes

Deux exemplaires (F-WZGB et F-WZFZsont sortis récemment de l'usine toulousaine (comme on peut le voir dans l'image partagée ci-dessous @DanRaistrick). De nombreux aménagements et essais de vols doivent encore être réalisés avant d'envisager de les remettre à la compagnie russe, si elle le désire et si elle en a la capacité.

Mais au sein de l'avionneur, une autre question se pose : comment être en mesure de fabriquer les onze autres A350 commandés pour 2023 ? "Nous avons interdiction d'effectuer la moindre transaction, de consulter le moindre document concernant les avions d'Aeroflot, Même l'accès aux manuels de maintenance sont bloqués !"

Difficile dans ces conditions de produire le moindre avion. Mais comme le souligne avec humour notre interlocuteur : "de toute façon, vu les problèmes actuels pour se fournir en pièces détachées ou en matière première, nous ne serions pas en mesure de les construire."