L'imam de Toulouse "arme idéologiquement les futurs Merah", selon Mohamed Sifaoui

L'écrivain et réalisateur, spécialiste des mouvements islamistes, affirme que le prêche de Mohamed Tataï, imam de la Grande Mosquée de Toulouse, est "antisémite de bout en bout". Selon lui, ce type de discours "arme idéologiquement" ceux qui pourraient ensuite s'en prendre à la communauté juive. 
Mohamed Sifaoui
Mohamed Sifaoui © AFP
Mohamed Sifaoui a "épluché" une à une les vidéos des prêches de Mohamed Tataï, l'imam de la Grande Mosquée de Toulouse, dans le quartier d'Empalot. Pour lui, celle de décembre 2017 (après l'annonce de Donald Trump d'installer l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem), pour laquelle l'imam est mis en cause et une enquête ouverte par le parquet de Toulouse pour incitation à la haine, est la plus virulente.
 

C'est un prêche antisémite de bout en bout, explique l'auteur et spécialiste de l'islamisme, à vocation génocidaire. C'est très grave, car il ne s'agit pas d'un dérapage. Le prêche est construit autour d'une logique antisémite. S'il avait été prononcé en Français, tout le monde aurait protesté et se serait levé contre de tels propos". 


Mohamed Sifaoui va encore plus loin dans son analyse des textes cités par Mohamed Tataï : 
 

Il arme idéologiquement les futurs Merah qui vont viser la communauté juive.


Faisant ainsi référence à Mohamed Merah, qui a tué 7 personnes en 2012 à Toulouse et Montauban, dont 3 enfants et un rabbin dans une école juive.
 
Pour Mohamed Sifaoui, Mohamed Tataï utilise l'Islam politique, parle de l'Etat d'Israël en évoquant sa "disparition de la surface de la Terre" 76 ans après sa création, soit en 2022.
 

Quand il cite le cheikh Yacine, créateur du Hamas, qui, dans son fauteuil roulant faisait trembler les puissants et a été tué pour cette raison, non seulement il ne pose aucun regard critique mais en plus il indique qu'il est tombé en martyr. En faisant cela, il valide le concept de martyr, comme le ferait Daesh ou Al Qaida.


Enfin, le spécialiste des mouvements islamistes relève que la Mosquée de Paris et le Conseil français du culte musulman se sont solidarisés de Mohamed Tataï. 
 

Si on ferme les yeux sur ces propos tenus par un imam officiel, installé par les structures qui échangent au quotidien avec l'Etat, comment fera-t-on quand un prédicateur autoproclamé dans une mosquée clandestine tiendra le même genre de propos ? On ne pourra plus faire la différence entre les radicaux et les autres. 

Pour lui, l'imam de Toulouse devrait être suspendu de prêches au moins jusqu'à la fin de l'enquête judiciaire.

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