“Je panique un peu” : à la veille des résultats du bac, les lycéens craignent les retards

Des professeurs ont décidé de faire de la rétention des notes du baccalauréat pour protester contre la réforme Blanquer / © Vincent Isore/MAXPPP
Des professeurs ont décidé de faire de la rétention des notes du baccalauréat pour protester contre la réforme Blanquer / © Vincent Isore/MAXPPP

Dans l'académie de Toulouse, certains enseignants bloquent les copies du baccalauréat pour protester contre la réforme du lycée. De son côté le ministre de l'éducation propose de se baser sur le contrôle continu pour éviter les retards. Et chez les lycéens, la tension monte

Par Adélaïde Tenaglia

Anita a d'abord cru à une fake news, quand elle a vu sur la story instagram d'un ami que les résultats du bac pouvaient être retardés. Puis elle a entendu d'autres amis en parler, et s'est renseignée sur internet. 

Certaines académies, dont celles de Toulouse n'ont pas reçu toutes les copies du baccalauréat, dont les résultats doivent être publiés vendredi matin dès 8h sur internet. En cause : des enseignants qui protestent contre la réforme du bac et refusent de rendre les copies au rectorat. 
 
 

Stress et impatience

Un mobilisation qu'Anita comprend, même si elle déplore ses conséquences : "ce ne serait pas très cool que les résultats soient reportés. Surtout pour les personnes qui auront des rattrapages". La bachelière du lycée Joseph Saverne à L'Isle Jourdain (Gers) ne se sent pas particulièrement concernée par ce cas de figure, mais "on ne sait jamais". 

Pour Pauline, qui a passé un bac STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion), c'est carrément le stress. "Je panique un peu, admet-elle. J'aimerais avoir les résultats rapidement". L'ex étudiante du lycée Marcelin Berthelot à Toulouse a bien essayé de se changer les idées, depuis la fin des épreuves le 24 juin, entre sorties et week-ends entre amis. Mais le bac reste toujours dans un coin de son esprit.

"Entre copains, quand on se voit, ça vient forcément sur le tapis, on ne peut pas occulter". 

Et puis, même si elle est presque sûre de l'avoir, son bac, Pauline a hâte de connaître ses notes. "C'est l'accomplissement de notre scolarité, et d'une année entière de travail", trépigne-t-elle.

Le contrôle continu ne fait pas l'unanimité

Pour autant, elle n'est pas enchantée par la proposition du ministre de l'éducation, pour remédier au bloquage des copies. Jean-Michel Blanquer a suggéré que les académies qui connaissent des retards se basent sur les notes du contrôle continu pour publier malgré tout les résultats en temps et en heure.

Une décision que rejettent certains syndicats d'élèves et d'enseignants, même si ce ne sera que provisoire, en attendant les notes manquantes. Mais cela ne convaint pas non plus Anita. "On s'est préparés pour être au top le jour du bac, ce n'est pas pour qu'ils gardent nos notes de l'année de terminale, à quoi bon passer un examen sinon ?" Pour elle, il serait injuste de changer les règles du jeu en cours de route. 
 


Quoi qu'il arrive, Anita et Pauline se rendront à leur lycée ce vendredi matin. Leurs notes, qu'elles mêlent celles de l'examen et du contrôle continu ou non, les attendront là-bas à partir de 10h. Après, elles pourront, enfin, vraiment profiter des vacances.
 


 

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