Jeune homme blessé à Toulouse après l'évacuation de l'Université du Mirail : ouverture d'une enquête

En avril 2016, à Rennes, un policier s'était blessé avec sa grenade de désencerclement / © DR Taranis
En avril 2016, à Rennes, un policier s'était blessé avec sa grenade de désencerclement / © DR Taranis

Une enquête  a été ouverte après qu'un jeune homme a été blessé, mercredi lors de son interpellation, par l'explosion d'une grenade de désencerclement que portait dans son vêtement un policier, a annoncé mercredi soir le parquet dans un communiqué.

Par VA, avec AFP

Un policier avait fait exploser accidentellement une grenade de désencerclement lors de l'interpellation, près de la gare de Toulouse, d'un individu faisant partie des personnes évacuées de l'Université Jean Jaurès. L'individu et deux policiers avaient été blessés.

Le parquet de Toulouse a annoncé ce mercredi avoir ouvert une enquête "en recherche des causes des blessures".

Elle devra déterminer leur origine et leurs conséquences pour les victimes, indique le communiqué publié dans la nuit.

Le jeune homme, dont la famille avait révélé mercredi le prénom, Guilhem, "souffre notamment de lésions pulmonaires entraînant une incapacité totale de travail de 15 jours selon le médecin légiste" qui l'a examiné, souligne le communiqué.

L'explosion de la grenade a aussi blessé deux policiers qui "souffrent de blessures plus légères notamment au niveau des membres inférieurs".

L'interpellation du jeune homme s'est déroulée quelques heures après l'évacuation, mercredi avant l'aube et par les forces de l'ordre, de l'université Jean-Jaurès, dont deux bâtiments étaient occupés jour et nuit par des étudiants opposés à la loi sur l'orientation et la réussite des étudiants (ORE).

Après cette évacuation d'une soixantaine de personnes, ces dernières se sont dirigées vers la gare Matabiau.

Selon le communiqué du parquet, la police a décidé d'intervenir pour empêcher le groupe de pénétrer dans la gare et "pour prévenir un envahissement possible des voies de chemin de fer".

Deux policiers procédaient alors à l'interpellation "d'une personne identifié comme à l'origine de dégradations commises un peu plus tôt sur le secteur de la faculté". Interpellation rendue "difficile" par sa résistance" et "l'hostilité" de son groupe, affirme le communiqué.

C'est alors qu'"une grenade à main de désencerclement, matériel dont était porteur l'un des policiers interpellateurs, dans une poche de son vêtement, devait exploser", faisant les trois blessés, explique le parquet.

L'enquête "a été confiée à la fois à l'IGPN et à la Sûreté Départementale de Haute Garonne", ajoute le communiqué.

Mercredi, la famille de Guilhem et ses avocates, avaient demandé "à ce que toute la lumière soit faite, au besoin par l'ouverture d'une mesure d'instruction judiciaire, sur les conditions d'interpellation et les conditions d'intervention des forces de l'ordre avec des armes et notamment ce qui pourrait être une grenade de désencerclement". Elle s'étaient indignées "de l'usage d'armes par la police, particulièrement dans le cadre d'un mouvement social et à l'encontre de civils".

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