La réalité des plastiques biodégradables remise en question par l'étude "Plastizen" du CNRS

Les plastiques biodégradables le sont-ils vraiment ? C'est l'objet de l'étude "Plastizen" menée par le CNRS. Depuis mai 2021, les scientifiques ont réalisé des découvertes surprenantes grâce au concours de volontaires en Occitanie et partout en France.

Marjorie Lépine, résidente d'Odars en Haute-Garonne, participe à une étude du CNRS sur les plastiques biodégradables. Sa mission est simple : observer la dégradation de plastique traditionnel et biodégradable dans son jardin pendant trois mois. Les résultats, surprenants, remettent en question les notions conventionnelles de biodégradabilité.

Car si le plastique classique ne s’est pas détérioré durant ce laps de temps, le biodégradable non plus, à sa grande surprise. "J’avais planté ici, dans mon jardin, les 2 sachets de thé et les 2 sachets de plastique qui nous ont été demandés pour l’expérience, résume la jeune femme, à Sandra Wachlewicz et Elsa Leroy de France 3 Occitanie. Moi, j’avais une toute petite évolution de taille mais pas grand chose.Cela m’a confirmé que les gens qui disent que "le plastique, celui-là est biodégradable ça pose moins de problème", il s'avère que ça dépend des endroits. En tout cas, chez moi c’est clairement pas biodégradable !" 

120 échantillons analysés

Grâce au protocole suivi par les volontaires et l’analyse de 120 échantillons récoltés partout en France, l’étude Plastizen confirme qu’un tiers des plastiques biodégradables reste intacte.

Les chercheurs se penche sur les facteurs qui influent sur le dégradation de ces plastiques. Pour rappel, les normes imposées au plastique biodégradable sont élaborées en milieu industriel contrôlé pour optimiser la biodégradation. Mais elles ne reflètent pas les conditions réelles de l’environnement. pour tenter de comprendre, le CNRS analyse la composition du sol. 

"C'est un échantillon de sols renvoyé par un participant, je vais l’analyser au granulomètre laser pour connaître le nombre de particules et leur taille dans le sol pour savoir de quoi le sol est composé", confirme Arthur Compin, Ingénieur de recherche CNRS Laboratoire LEFE - Ecologie Fonctionnelle et Environnement. 

En plus de la composition du sol d'autres critères sont analysés :"On analyse à la fois la terre, le ph du sol, et on s’intéresse particulièrement à la température et à l’humidité du sol. Ce qu’on constate c'est que plus la température et l’humidité augmentent, plus nos plastiques se dégradent", poursuit le chercheur. 

Pour que l’étude Plastizen se poursuive et espérer des conclusions, le nombre d’échantillons analysés doit doubler. Les sols gersois et du Piemont pyrénéen sont particulièrement recherchés. Une expérience scientifique et citoyenne à la fois.