Les auditions des apprentis jihadistes toulousains ont repris

Agnes Dufetel-Cordier, avocate d'un des deux adolescents toulousains candidats au jihad / © AFP
Agnes Dufetel-Cordier, avocate d'un des deux adolescents toulousains candidats au jihad / © AFP

Les auditions des deux adolescents toulousains candidats au jihad en Syrie ont repris ce jeudi matin à Toulouse pour élucider leur processus d'autoradicalisation et les soutiens dont ils auraient pu bénéficier.

Par VH avec AFP

La garde à vue des deux adolescents, commencée mercredi matin, ne devrait pas excéder 48 heures. Pour le plus âgé des deux, elle ne pourrait être étendue qu'en cas de circonstances exceptionnelles qui ne semblent pas devoir être retenues, a indiqué une source proche du dossier.

A l'issue de leurs auditions, il reviendra au parquet antiterroriste de Paris, chargé d'une enquête pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme", de décider soit de les poursuivre et sous quel chef, soit de les relâcher. Les policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur, qui ont déjà longuement interrogé A, 16 ans, et Y, 15 ans, mardi ont donc encore une journée pour reconstituer leur parcours. Ils devraient chercher à savoir qui ils ont rencontré en Turquie ou en Syrie et s'ils ont eu affaire sur place à des facilitateurs, ces individus venus de France et chargés d'accueillir les nombreux candidats au jihad en Syrie.

Pour l'heure, rien ne semble indiquer que A. et Y. aient été recrutés en France par une filière. Ils seraient plutôt partis par leurs propres moyens. Internet
et les réseaux sociaux paraissent avoir grandement contribué à la formation de leur projet.

Tous deux élèves en classe de seconde générale au lycée des Arènes à Toulouse, les adolescents sont partis le 6 janvier et sont rentrés séparément de Turquie, dimanche pour le plus âgé, lundi soir pour le plus jeune.

Des centaines de Français ou étrangers vivant en France sont allés se battre en Syrie ces dernières années ou ont au moins été impliqués dans un tel projet. Mais la révélation du départ de A. et Y. a frappé les esprits à cause de leur âge
  • Y. est un "jeune garçon très bien intégré, avec un très bon parcours scolaire", indiquait son avocate Me Agnès Dufétel-Cordier en soulignant que l'adolescent se montrait à la fois "serein" et très impressionné devant les enquêteurs avec lesquels il "coopère sans difficultés".
  • L'adolescent de 16 ans, au contraire, a eu un parcours scolaire tortueux, mais ne s'était pas signalé défavorablement depuis la rentrée. Des membres de sa famille auraient des convictions religieuses assez dures et il aurait fréquenté occasionnellement la mosquée d'un quartier sensible de Toulouse.
Notre dossier complet sur la question, ici

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