Les ours commencent leur hivernation dans les Pyrénées : quatre choses à savoir sur ce phénomène extraordinaire et mystérieux

D'ici peu, les ours vont entrer dans une période qu'on appelle l'hivernation. Pour pallier le manque de nourriture pendant cette période, ils vont mettre leurs métabolismes sur pause avant de ressortir, le printemps suivant.

Dans quelques jours, les ours iront rejoindre leurs tanières pour sommeiller pendant plusieurs mois. Un phénomène qui s'inscrit dans le cycle du métabolisme des plantigrades. Il correspond bien souvent à la saison hivernale, durant laquelle la nourriture se fait plus rare pour ces animaux.

On vous explique quatre faits que vous ne connaissez peut-être pas sur cette période particulière pour les ours. Dans les Pyrénées françaises et espagnoles, ce sont environ 70 ours qui vont être concernés par cette pause hivernale.

Une période d'hyperphagie

Avant d'entrer dans cette période de "pause hivernale", durant laquelle ils ne vont pas ou presque pas s'alimenter, les ours cherchent de la nourriture en quantité. À la fin de l'été et au cours de l'automne, ils entrent dans un "état d'hyperphagie".

Patrick Leyrissoux, coordinateur ours de l'association Ferus détaille : " Ils vont manger beaucoup de fruits secs, des glands, des châtaignes, sur le moment et leur organisme va fabriquer de la graisse. Cela permet de leur constituer des stocks pour les mois à venir et de tenir jusqu'au printemps".

Comme l'explique la fondation Oso Pardo, en Espagne, les ours raffolent tout particulièrement des faines, le fruit du hêtre. Ces fruits secs et oléagineux leur donnent des protéines. Le post Facebook mentionne que cette hyperphagie se caractérise visuellement par " un aspect rebondi" des ours.

Hivernation et hibernation

S'ensuit pour les ours, la période d'hivernation, à ne pas confondre avec l'hibernation. Contrairement aux marmottes ou aux hérissons, les ours sont considérés comme des semi-hibernants, car ils n'entrent pas vraiment dans "un état léthargique" tout au long de l'hiver. Tout est une question "d'intensité", explique Patrick Leyrissoux.

Pendant 5 à 7 mois, environ de novembre à mars, les ours vont hiverner dans un endroit qu'ils auront trouvé au préalable : une grotte, une tanière, ou des cavités rocheuses pour compenser le manque de nourriture.

Un métabolisme mis sur pause

Au cours de cette période, l'ours va mettre en sommeil son corps. Patrick Leyrissoux liste les changements sur son métabolisme : "son rythme cardiaque va diminuer, sa température corporelle aussi, il ne va plus s'alimenter et il y a un bouchon fécal qui va se former : il ne va plus uriner non plus, ni faire ses besoins pendant tout ce temps".

L'animal va être dans une phase qui alterne sommeil et réveil, certains individus vont parfois même aller à l'extérieur quelques heures au cours d'une journée pour effectuer des petits déplacements. L'ours perd du poids pendant cette pause hivernale mais pas de masse musculaire, contrairement aux hommes ! Ce phénomène toujours inexpliqué intéresse largement les scientifiques qui l'étudient.

Cette découverte captive notamment les agences spatiales, car cela pourrait permettre aux cosmonautes de conserver leurs masses musculaires après un voyage dans l'espace.

L'arrivée des oursons

C'est aussi au cours de cette période d'hivernation que les oursons vont naître. " La femelle seule dans sa tanière va leur donner naissance et leur donner du lait", complète Patrick Leyrissoux. Le cycle biologique de la femelle se coordonne avec l'hivernation.

La fécondation se produit en général à la fin du printemps, mai-juin. Dans sa continuité, un phénomène se met en place : " la diapause", c’est-à-dire que le développement de l'embryon est mis sur pause. Au moment de la période d'hyperphagie et de la constitution des stocks de graisse, " le développement de l'embryon peut redémarrer uniquement si la femelle a fait assez de réserve, si ce n'est pas le cas ça va se stopper et il n'y aura pas de naissances", termine le coordinateur ours de Ferus.